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Wednesday, 07 October 2026
Health

À 57 ans, il découvre son cancer du sein après une plaisanterie entre amis

Une blague entre amis a conduit Robert Pfleghardt à découvrir qu'il souffrait d'un cancer du sein. À l'occasion d'Octobre rose, il souhaite sensibiliser le public sur le fait que cette maladie ne concerne pas uniquement les femmes. En effet, les hommes sont souvent diagnostiqués tardivement, car ils ne pensent pas être touchés par cette pathologie.

Robert Pfleghardt, âgé de 62 ans, n'aurait jamais imaginé être concerné par le cancer du sein. Tout a commencé il y a cinq ans lors d'un voyage à Las Vegas, comme le rapporte le New York Post. En compagnie de ses amis, l'homme s'amusait comme à son habitude. "Nous faisions les pitres en buvant un verre. Mon ami s'est approché et m'a pincé le téton, ce qui m'a fait très mal", a-t-il raconté au média People. Cette plaisanterie a pris une tournure inattendue lorsque Robert a ressenti une douleur persistante, bien après son retour de voyage. En touchant la zone douloureuse, il a découvert une petite bosse "de la taille d'une gomme" près de son téton. "C'était un peu étrange, mais je n'y ai pas prêté attention", a-t-il ajouté.

Plus tard, face à l'inconfort persistant, il a décidé de consulter un médecin. Lors de son rendez-vous, la praticienne lui a recommandé de passer des examens complémentaires. "À partir de là, les choses se sont accélérées", a-t-il expliqué. Robert a subi une mammographie, une expérience qu'il a qualifiée d’"inhabituelle". "C'était vraiment bizarre de passer une mammographie. Le personnel médical a d'abord pensé que j'étais une femme et m'a appelé 'Madame Pfleghardt'. Ils ont même prévenu que 'un homme arrivait' car il y avait beaucoup de femmes présentes", a-t-il raconté.

Suite à la mammographie, un membre du personnel lui a annoncé que la masse semblait être un cancer du sein. "Je ne croyais pas que les hommes pouvaient avoir un cancer du sein. J'étais pétrifié, comme un cerf pris dans les phares d'une voiture. J'étais en mode 'zombie'", a avoué Robert. Des examens complémentaires ont révélé que le cancer s'était propagé à un ganglion lymphatique. Les médecins lui ont alors recommandé une double mastectomie ainsi que l'ablation de 19 ganglions lymphatiques. Terrifié, Robert a finalement choisi une tumorectomie, qui consiste à retirer moins de tissus, le 21 janvier 2022. "Tout allait très vite et j'avais peur. Je n'avais jamais subi d'opération. L'idée qu'on m'incise la poitrine m'intimidait. Si je pouvais revenir en arrière, je choisirais probablement la mastectomie", a-t-il déclaré.

Un jour ou deux après l'opération, Robert était "déjà sur pied". Il a ensuite suivi 29 jours de séances de radiothérapie. "C'était une expérience particulière. La zone de ma poitrine exposée aux rayons est devenue brune, comme une brûlure", a-t-il expliqué. Des médicaments lui ont également été prescrits pour réduire le risque de récidive du cancer du sein. Récemment, il a passé un scanner complet pour évaluer l'évolution de sa maladie et se dit optimiste. "L'ami qui m'a pincé m'a sauvé la vie. Sans cela, je n'aurais pas détecté la bosse et le cancer aurait continué à progresser. Beaucoup plus d'hommes sont touchés par le cancer du sein qu'ils ne le pensent, et la maladie progresse sans qu'ils s'en aperçoivent", a-t-il conclu.

Il est important de souligner que le cancer du sein ne concerne pas uniquement les femmes. Chez les hommes, bien que les glandes mammaires soient moins développées, cette maladie représente moins de 1 % de tous les cas. La plupart des cas sont des carcinomes canalaire infiltrants, selon l’Assurance Maladie. "Le pic d’incidence du cancer du sein chez l’homme se situe en moyenne à 71 ans, ce qui est plus tardif que chez les femmes", a indiqué le Centre Léon Bérard. Parmi les facteurs de risque pour les hommes figurent l'âge, des antécédents familiaux de cancer du sein, le syndrome de Klinefelter, une exposition antérieure aux radiations, ainsi que la cirrhose du foie. D'autres éléments, comme la gynécomastie et l'obésité, peuvent également jouer un rôle, bien qu'ils ne soient pas certains.

Le symptôme le plus courant du cancer du sein chez l'homme est la détection d'une "bosse" souvent située derrière l’aréole. "Parfois, il peut y avoir des rétractions ou des ulcérations du mamelon", précise le Centre Léon Bérard. Le diagnostic repose sur des examens tels que la mammographie et/ou une échographie avec biopsie. Les retards de diagnostic sont fréquents, car la maladie reste peu connue.

Selon l’Assurance Maladie, l'évolution de la maladie et les traitements (chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie, hormonothérapie) pour un carcinome canalaire infiltrant sont similaires chez les hommes et les femmes. Toutefois, la mortalité après le diagnostic de cancer du sein est plus élevée chez les hommes, même en tenant compte de l'âge plus avancé de survenue de la maladie. Cela suggère que d'autres facteurs, qu'ils soient biologiques, thérapeutiques ou liés au mode de vie, doivent être identifiés pour réduire cette disparité, selon le Centre Léon Bérard.