Ce n’est pas fini : les élèves continueront de manifester « tant qu’il n’y aura pas eu des actes » de la ministre Glatigny
Ce jeudi soir, trois représentants des élèves francophones ont été invités sur le plateau de RTL info 19h afin d'expliquer les raisons de leur mobilisation contre les réformes éducatives mises en place par le gouvernement MR-Engagés. Ces élèves, qui manifestent régulièrement, ont partagé leur expérience des conséquences des mesures adoptées, notamment à travers un décret programme.
Félix Xhenseval, élève de 6e secondaire à Ouffet et membre du Comité des Élèves Francophones (CES), a dénoncé la surcharge des classes et le manque de ressources pour les infrastructures scolaires. « Avec le décret programme, chaque professeur doit assurer deux périodes supplémentaires, ce qui entraîne des cours partagés et un manque d'enseignants disponibles, car certains d'entre eux doivent jongler entre 20 établissements différents », a-t-il expliqué.
Maya Gourdel, également élève de 6e secondaire à Bruxelles, a ajouté que cette réforme a réduit le temps que les enseignants peuvent consacrer à un suivi personnalisé des élèves. « Dans mon établissement, il n'y a plus de remédiation », a-t-elle précisé.
Les élèves ont également critiqué les économies réalisées par le gouvernement dans le secteur de l'éducation. Zia Chèvremont, élève de 6e secondaire à Esneux, a insisté sur le fait que l'éducation ne devrait pas être une variable d'ajustement budgétaire. « S'instruire ne doit pas devenir un luxe. C'est un droit fondamental. D'autres secteurs devraient être ciblés pour faire des économies, car l'éducation est le pilier de notre société », a-t-il affirmé.
Les trois élèves ont récemment rencontré la ministre francophone de l’Enseignement, Valérie Glatigny, pour lui présenter leurs revendications. Ils demandent une revalorisation du métier d'enseignant et de la filière qualifiante, la fin de l'augmentation des coûts et des inégalités entre les élèves, de meilleures conditions d'apprentissage, ainsi qu'un moyen institutionnel pour que les voix des élèves du secondaire soient entendues par le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Félix Xhenseval a souligné que, étant pour la plupart des mineurs sans droit de vote, leur seule option pour se faire entendre est de manifester dans la rue.
Les élèves ont déclaré qu'ils poursuivront leurs manifestations tant qu'aucune action concrète ne sera prise par la ministre Glatigny. « Nous ne nous arrêterons pas tant que nous n'aurons pas de résultats tangibles. Nous attendons que le gouvernement prouve qu'il est à l'écoute de nos préoccupations », a précisé Zia Chèvremont.
La psychiatre Caroline Depuydt, présente lors du débat, a trouvé rassurant de voir des jeunes s'engager dans cette lutte. « Si les jeunes ne se révoltaient plus, cela signifierait qu'ils sont résignés. La colère est saine et nécessaire, mais elle ne doit pas mener à la violence », a-t-elle déclaré.
Les manifestations des élèves ont suscité des controverses, notamment en raison de la présence de casseurs qui ont endommagé des biens publics et pillé des commerces. Zia Chèvremont a exprimé son indignation face à ces actes, affirmant que « la violence n’est jamais une solution » et que ces comportements nuisent à l'image de leur mouvement. « Ces casseurs, qui sont des jeunes comme nous, donnent une mauvaise image de notre cause », a-t-elle ajouté.
Les élèves ont également rejeté les accusations d'instrumentalisation politique, qui ont été soulevées par certaines autorités. Félix Xhenseval a rappelé que les mobilisations en Belgique avaient débuté bien avant le décret programme, et qu'il n'y avait pas d'instrumentalisation de leur mouvement. « Nous sommes simplement des élèves inquiets pour notre avenir. Bien qu'il y ait des partis qui nous soutiennent, notre mouvement est indépendant et né de nos propres préoccupations », a-t-il conclu.
Maya Gourdel a confirmé cette indépendance en affirmant que « c'est un mouvement créé par les élèves, sans influence politique extérieure ».