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Sunday, 01 November 2026
Health

Conflans-Sainte-Honorine : la ville déclare la guerre au moustique tigre l'année prochaine

La municipalité de Conflans-Sainte-Honorine a annoncé fin septembre son intention d'adopter une méthode biologique pour lutter contre le moustique tigre. Désormais, elle précise le fonctionnement de cette approche ainsi que la date de son déploiement, prévue pour 2027.

En résumé, la méthode consiste à stériliser des mâles de moustiques tigres en laboratoire, puis à les relâcher afin que leurs œufs ne soient pas viables. Ce projet sera mis en œuvre par la start-up Terratis, qui a été sélectionnée par la mairie. Toutefois, l'ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) a exprimé des réserves concernant l'efficacité de cette méthode face aux piqûres et aux maladies, soulignant qu'aucune preuve concluante n'a été établie à ce jour.

Dans une interview publiée le 30 octobre par la municipalité, Clélia Oliva, fondatrice de Terratis, a expliqué le principe de la méthode de l'insecte stérile. Ce processus implique l'élevage de moustiques tigres en laboratoire, où les mâles sont stérilisés, puis relâchés dans la nature. Selon Oliva, ces mâles stériles s'accouplent avec des femelles sauvages, mais les œufs issus de ces unions ne survivent pas. Ce mécanisme, répété sur plusieurs générations, devrait permettre de réduire progressivement la population de moustiques tigres. Il est important de noter que seuls les mâles sont relâchés, car ce sont les femelles qui piquent pour se nourrir de sang.

Terratis, une start-up basée à Montpellier, a été fondée en 2024 par Clélia Oliva, une entomologiste médicale. L'entreprise a vu le jour grâce à une technologie issue de la recherche publique, en collaboration avec la SATT AxLR et l'IRD (Institut de recherche pour le développement). Depuis sa création, Terratis a réussi à lever 1,5 million d'euros de fonds.

Le maire de Conflans-Sainte-Honorine, Raphaël Prats, a pris sa décision après avoir rencontré Clélia Oliva. Ainsi, la commune devient la première à s'associer à cette entreprise française spécialisée, dans un département où l'ARS Île-de-France a identifié 49 communes touchées par le moustique tigre début 2026.

La technique de l'insecte stérile n'est pas inédite. Elle a été expérimentée pour la première fois à La Réunion entre 2009 et 2012, avec la participation de Clélia Oliva, selon l'IRD. Le premier essai en France métropolitaine a eu lieu à Prades-le-Lez dans l'Hérault à l'été 2021, réalisé par l'EID Méditerranée et le Cirad, avec des relâchers effectués par drone. Si Conflans-Sainte-Honorine devient la première à appliquer cette méthode en Île-de-France, elle n'est pas la première à l'utiliser à l'échelle nationale.

Un avis publié par l'ANSES le 18 septembre 2025 apporte un éclairage critique sur ce projet. Selon cet avis, la seule efficacité indiscutable de cette méthode serait la réduction du taux d'éclosion des œufs. L'ANSES considère que l'impact sur la diminution du nombre de femelles est seulement « possible » et n'a pas été prouvé. De plus, l'agence souligne qu'il manque des données suffisantes pour établir l'efficacité épidémiologique de cette technique, c'est-à-dire sa capacité réelle à diminuer les piqûres ou à prévenir la transmission de maladies telles que la dengue, le Zika ou le chikungunya. La méthode de l'insecte stérile demeure donc, pour l'heure, un outil expérimental plutôt qu'une solution éprouvée.

En attendant la mise en œuvre de cette nouvelle approche en 2027, Conflans-Sainte-Honorine poursuit ses efforts actuels pour lutter contre le moustique tigre, qui sont distincts de l'intervention prévue avec Terratis. La commune rembourse 50 % du coût d'un piège à moustiques tigres, dans la limite de 90 euros par foyer. Des nichoirs pour chauves-souris, mésanges et hirondelles, qui sont des prédateurs naturels de ces insectes, sont également proposés par la municipalité.

De plus, la ville offre une aide financière pour l'acquisition de pièges, l'installation de nichoirs pour des prédateurs naturels, et organise une conférence interactive sur le sujet. Elle encourage également l'utilisation de l'application de signalement zzzapp et relaye les informations fournies par l'ANSES concernant les piqûres de moustiques.