"Déménager me ferait mal au cœur, je suis bruxellois et j'aime ma ville" : le cri du cœur du célèbre forain Patrick De Corte contre le survol intensif
Patrick De Corte, un résident de Haren depuis 1971 et un forain bien connu à Bruxelles, exprime son profond désespoir face à l'augmentation du survol aérien au-dessus de la capitale. Il déclare : "Haren devient invivable." Lors d'une nuit récente, il a été réveillé par le bruit incessant des avions atterrissant à basse altitude, ce qui l'a empêché de dormir.
Depuis un an, une nouvelle route aérienne, surnommée "route Crucke" par ses détracteurs, a été mise en service pour les vols au-dessus de Bruxelles. Cette nouvelle trajectoire survole des quartiers tels que Koekelberg, Molenbeek, Schaerbeek et Haren, en remplaçant l'ancienne route VOR07, jugée obsolète et dangereuse, qui passait plus au nord par Jette, Ganshoren et Laeken.
Pour De Corte, les habitants de Haren ont vu leur qualité de vie se dégrader considérablement. Bien qu'il reconnaisse que des nuisances ont toujours été présentes en raison de la proximité de l'aéroport de Zaventem, il souligne que le nombre d'avions a considérablement augmenté. "Avant, il n'y avait pas autant d'avions. On était habitué. On est conscient qu'en étant à Haren, on n'aura jamais le calme plat. Mais trop, c'est trop," déclare-t-il, en faisant référence à sa propre expérience en tant que voyageur.
Fabienne, la compagne de Patrick, partage son sentiment : "En été, dans le jardin, on ne sait parfois plus se parler. Quand un avion passe, on n'entend plus la télé. C'est de pire en pire." De Corte espère un retour à une situation plus calme, notamment par l'instauration d'une interdiction des vols nocturnes, au moins entre une heure et six heures, pour permettre aux habitants de bénéficier de cinq heures de sommeil.
Face à cette situation insupportable, De Corte envisage même de déménager, une idée qui lui cause une grande peine. "Ça me ferait mal au cœur. Je suis Bruxellois et j'aime ma ville. Mais j'aime aussi la tranquillité. Peut-être parce que je deviens plus vieux…" dit-il. Il souligne également que Haren est souvent perçue comme "la localité oubliée de Bruxelles", alors que d'autres communes comme Molenbeek, Koekelberg et Schaerbeek ont récemment attiré l'attention sur les nuisances liées au survol.
De Corte note que Haren a peu d'habitants et a souvent été négligée, décrivant la zone autrefois rurale comme une "poubelle de Bruxelles". "Avant, ce n'était que de la campagne et des industries. Mais il y a de plus en plus de monde et on construit de plus en plus," constate-t-il. Il suggère que Haren aurait dû être rattachée à Evere, qui fait également face à une augmentation des nuisances dues au survol.
Depuis l'année dernière, la nouvelle route aérienne a suscité de nombreuses plaintes de la part des riverains, entraînant des actions judiciaires de plusieurs communes, ainsi que de la Région bruxelloise. Le 1er octobre, sous la pression de la situation, Jean-Luc Crucke, membre de "Les Engagés", a annoncé une série de mesures pour atténuer le problème du survol. Ces mesures incluent l'utilisation accrue de "pistes préférentielles" qui évitent de survoler Bruxelles à l'atterrissage, une révision à la hausse des normes de vent pour réduire le nombre de vols sur la capitale, et des négociations pour une réduction des vols nocturnes.
Cependant, ces propositions ont été critiquées au sein de la majorité Arizona, notamment par la N-VA et le CD&V, qui craignent que les nuisances ne soient simplement déplacées vers la périphérie flamande de Bruxelles. La réforme aérienne, connue sous le nom de "vliegwet", est attendue au niveau fédéral pour le premier semestre de 2027.