Today's Post
Monday, 19 October 2026

Des milliers de Wallons ne paieront-ils vraiment bientôt plus de droits de succession ? Voici comment la Région va taxer votre héritage !

Sudinfo a analysé les nouvelles mesures annoncées par le gouvernement wallon ce lundi concernant les droits de succession, après avoir examiné des sujets tels que les allocations familiales et les panneaux solaires. Ce changement, qui devrait entrer en vigueur le 1er janvier 2028, constitue une avancée significative pour de nombreux Wallons.

Actuellement, les taux des droits de succession peuvent atteindre jusqu'à 80 %. Avec la réforme, ce taux maximal sera réduit à 50 %, permettant ainsi à chaque héritier de conserver au moins la moitié de sa part nette. Par exemple, un frère héritant de 180 000 euros de sa sœur devra payer un impôt de 65 % actuellement, mais ce taux sera réduit à 50 % à l'avenir. De même, un neveu qui hérite de 100 000 euros de son oncle verra son taux d'imposition passer de 55 % à 50 %. Pour des successions entre personnes non liées, un héritage de 76 000 euros sera désormais taxé à 50 % au lieu des 80 % précédemment appliqués.

Un autre changement majeur concerne les exonérations en ligne directe, ainsi que pour les conjoints et les cohabitants légaux. À l'heure actuelle, seuls les premiers 12 500 euros sont exonérés de droits de succession, avec un plafond pouvant atteindre 25 000 euros, sous certaines conditions. Le gouvernement wallon a décidé d'augmenter ce plafond à 75 000 euros, ce qui signifie qu'un héritier ne paiera des droits de succession que si son héritage dépasse ce montant. Par exemple, si deux enfants héritent chacun de 60 000 euros, aucun d'eux ne sera imposé. Les taux appliqués au-delà de 75 000 euros resteront inchangés.

Pour illustrer cette réforme, prenons l'exemple d'un enfant recevant 71 000 euros de son père décédé. Actuellement, il doit payer 2 720 euros de droits, mais à partir de 2028, il ne paiera rien. S'il hérite de 100 000 euros, il devra actuellement s'acquitter de 4 750 euros, alors qu'il ne paiera que 1 750 euros à l'avenir.

Cette réforme touchera tous les Wallons, mais elle profitera particulièrement à ceux qui héritent de sommes modestes ou intermédiaires en ligne directe, notamment entre parents et enfants, grands-parents et petits-enfants, ainsi qu'entre conjoints et cohabitants légaux. Selon les données fournies par le cabinet du ministre-président Adrien Dolimont, le pourcentage de Wallons qui ne paieront plus d'impôts sur leur héritage devrait passer de moins de 25 % à 62 % dans le cadre de ces changements.

En termes de finances régionales, les droits de succession représentent une source de revenus significative pour la Wallonie, générant plus de 825 millions d'euros en 2024. Initialement, le gouvernement avait envisagé de réduire les taux de moitié, ce qui aurait entraîné une perte de 400 millions d'euros. Toutefois, avec la nouvelle formule adoptée, la perte sera d'environ 2 millions d'euros.

La réforme affectera également les donations immobilières, avec une baisse des taux qui avait été annoncée en décembre 2024. Pour les successions en ligne directe, entre époux et cohabitants légaux, le taux demeurera à 3 % sur les 150 000 premiers euros, puis passera de 9 % à 6 % pour la tranche de 150 000 à 250 000 euros et de 18 % à 10 % pour celle de 250 000 à 450 000 euros. Pour les autres catégories de personnes, les taux, qui varient actuellement entre 10 % et 40 %, seront réduits à une fourchette de 9 % à 20 %, selon les tranches.

En ce qui concerne les donations mobilières, le taux restera à 3,3 % entre époux et cohabitants légaux, tandis qu'il sera de 5,5 % entre autres personnes.

Pour éviter des surprises désagréables en matière d'héritage, il est essentiel de rédiger un testament afin d'organiser la succession selon ses souhaits. La Fédération des notaires propose d'ailleurs un simulateur pour identifier les héritiers légaux en l'absence de testament. En général, il est conseillé d'anticiper et de considérer les donations de son vivant, qui peuvent s'avérer plus avantageuses. Par exemple, un héritage de 150 000 euros sera taxé à hauteur de 6 750 euros à partir de 2028, alors qu'une donation mobilière coûtera 4 950 euros.

Un autre point important pour les couples non mariés est de considérer la cohabitation légale, qui permet de bénéficier des mêmes taux de droits de succession que les couples mariés. Ce qui n'est pas le cas pour les simples cohabitants de fait. Enfin, Marie-Hélène Toussaint, porte-parole de la Fédération des notaires, souligne que le premier rendez-vous chez un notaire est souvent gratuit, ce qui peut encourager les individus à s'informer davantage sur leur situation successorale.