En Flandre, des chauffeurs de bus regardent des vidéos sur leur GSM en pleine conduite
Des témoignages de passagers recueillis par la radio VRT révèlent que des chauffeurs de bus en Flandre utilisent leur téléphone portable pendant la conduite. Certains incidents ont même été filmés. Au cours du mois d'octobre, trois conducteurs ont été surpris en flagrant délit à Arendonk, Anzegem et Malines.
À Arendonk, un élève a documenté la scène lors de son trajet entre l'école et chez lui. Il a décidé de descendre du bus, jugeant que le conducteur prêtait insuffisamment attention à la route. Un autre témoin a rapporté qu'un enfant a failli se faire renverser par un chauffeur distrait par son téléphone.
Ces révélations surviennent alors que De Lijn, l'entreprise de transport public, est sous le radar de la ministre flamande de la Mobilité, Annick De Ridder (N-VA). Elle poursuit une politique de réduction des coûts tandis que l'entreprise doit maintenir son réseau dans un contexte budgétaire difficile.
Les faits rapportés par VRT, s'ils sont avérés, sont préoccupants. Un chauffeur, s'exprimant anonymement, a admis utiliser son téléphone au volant. Il a expliqué qu'il envoie des messages, change de musique et consulte des contenus sur son écran. Il précise qu'il choisit de le faire surtout lorsque le bus est peu fréquenté, notamment en soirée, lorsque le nombre de passagers est réduit.
Pour justifier son comportement, le chauffeur évoque la monotonie des trajets, le bruit à l'intérieur du bus et des horaires irréguliers qui perturbent son sommeil et sa vie sociale. Il a également mentionné que certains de ses collègues regardent des séries ou des vidéos sur YouTube pendant qu'ils conduisent.
Ce qui est particulièrement inquiétant, c'est que le conducteur interrogé ne semble pas craindre les répercussions de ses actes. "Je ne crains pas d'être pris", a-t-il déclaré à la VRT, estimant que les contrôles sont peu fréquents.
De Lijn a fermement condamné ces comportements. Son porte-parole, Frederik Wittock, a souligné que l'utilisation du téléphone au volant est inacceptable et représente un danger pour le conducteur, les passagers et les autres usagers de la route. Il a précisé que les sanctions peuvent varier d'un entretien disciplinaire à un licenciement. La police peut également intervenir et, dans certains cas, retirer le permis de conduire.
Cependant, l'entreprise de transport public reconnaît ne pas avoir de données précises sur les infractions. Bon nombre de ses bus sont gérés par des sous-traitants. Lorsqu'un incident est constaté, le suivi dépend souvent de l'entreprise concernée, ce qui complique la centralisation des informations. Cela amène à une situation où les responsabilités sont renvoyées d'une partie à l'autre, rendant difficile l'obtention d'une vue d'ensemble.
La ministre Annick De Ridder a rappelé que chaque chauffeur reçoit des consignes claires et doit respecter les règles d'utilisation du téléphone. Elle a insisté sur le fait que les amendes doivent être entièrement payées par les conducteurs concernés, sans aide financière de De Lijn.
Une question demeure cruciale : au-delà des sanctions individuelles, De Lijn sera-t-elle capable d'assurer un contrôle efficace de l'ensemble de son réseau, y compris chez ses sous-traitants ?