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Monday, 12 October 2026
Health

L'Association médicale mondiale s'engage contre les fausses informations sur la santé

Le samedi, l'Association médicale mondiale (AMM) a adopté une nouvelle politique visant à combattre la désinformation en matière de santé. Cette initiative, pilotée par l'Association médicale canadienne (AMC) et le Conseil national de l'Ordre des médecins, appelle les gouvernements et les instances sanitaires à développer des stratégies pour limiter la diffusion de fausses informations relatives à la santé.

Le document, qui se compose de 27 points, propose également de mettre en œuvre des mesures visant à accroître la transparence et à tenir responsables les plateformes de médias sociaux. Cela inclut le retrait de contenus nuisibles et l'application de sanctions appropriées. L'AMM précise que le terme « fausses informations sur la santé » est utilisé pour éviter de confondre la mésinformation, qui résulte d'une erreur involontaire, avec la désinformation, qui est intentionnelle.

Il est important de noter que cette politique ne remet pas en question les débats scientifiques légitimes. Les médecins sont encouragés à exprimer des opinions divergentes du consensus, tant que cela est fait de manière éthique, transparente et soutenue par des données probantes. Ainsi, partager une hypothèse n'est pas en soi problématique, mais la présenter comme un fait établi peut l'être.

Le Dr Jung Yul Park, président de l'AMM, a souligné que les voix des professionnels de santé se noient de plus en plus dans le flot d'informations trompeuses qui circulent en ligne, particulièrement sur les réseaux sociaux. Avec l'essor de l'intelligence artificielle, qui permet la diffusion de contenus médicaux manipulés de manière très réaliste, il avertit que cette désinformation constitue une menace mondiale pour la sécurité des patients et la confiance du public. Il a appelé à une réponse internationale urgente et coordonnée.

Un sondage réalisé par l'AMC en février a révélé que 89 % des Canadiens se tournent vers Internet pour obtenir des conseils de santé, tandis que 27 % d'entre eux font confiance aux informations trouvées en ligne. Le Dr Jean-Joseph Condé, porte-parole francophone de l'AMC, a précisé que ces personnes avaient cinq fois plus de chances de subir des effets indésirables ou des préjudices pour leur santé.

Dans sa déclaration, l'AMM a mis en garde contre le fait que les fausses informations peuvent pousser les patients à rejeter des traitements éprouvés, à retarder des soins nécessaires, à interrompre des traitements fondés sur des données scientifiques ou à adopter des pratiques nuisibles. Le Dr Condé a partagé des exemples de patients ayant cessé leur traitement contre le diabète après avoir entendu parler de médicaments sur les réseaux sociaux. Il a souligné que ces individus choisissent souvent des remèdes naturels, prétendument efficaces, bien que cela ne soit pas fondé sur des preuves scientifiques.

Selon le Dr Condé, la première étape pour contrer ce phénomène est de sensibiliser la population à rester critique face aux informations en ligne et à consulter des professionnels de santé pour toute question. Il a rappelé l'importance de vérifier que les médicaments que l'on prend ont été approuvés par des organismes tels que Santé Canada ou la FDA américaine.

La prochaine étape, selon lui, consiste à responsabiliser les grandes plateformes de médias sociaux concernant les informations diffusées sur leurs sites. Il a suggéré que les gouvernements interviennent pour imposer cette responsabilité. « Ils ont les moyens de détecter les contenus faux ou inexactes, et il est de leur devoir de supprimer les contenus qui peuvent nuire à la santé publique », a-t-il affirmé.

Le document de l'AMM appelle également les entreprises de technologie et les plateformes d'intelligence artificielle à prendre conscience de la propagation de fausses informations et à collaborer pour y remédier, notamment en modifiant leurs algorithmes et en renforçant leurs politiques de modération de contenu.