La Banque nationale de Belgique alerte : il faut un « cadre budgétaire contraignant »... car le trou se creuse encore
Depuis 2016, les finances publiques belges continuent de se détériorer, selon les dernières analyses de la Banque nationale de Belgique. Le solde budgétaire a enregistré une dégradation de 2,7 %, équivalant à un montant de 18 milliards d'euros. Philippe Ledent, économiste, souligne que les dépenses publiques croissent à un rythme plus rapide que celui du produit intérieur brut (PIB), tandis que les recettes n’augmentent pas au même rythme, entraînant ainsi un creusement du déficit.
Suite à la sixième réforme de l'État, qui a eu lieu en 2016, les différents niveaux de pouvoir en Belgique avaient pris l'engagement de viser un équilibre budgétaire. À cette époque, des personnalités politiques telles que Sophie Wilmès et Alexander De Croo exprimaient une volonté de parvenir à cet équilibre dès 2018. Cependant, la réalité montre que lorsque les dépenses dépassent les recettes, la situation devient insoutenable.
Philippe Ledent insiste sur le fait que certaines mesures adoptées n'ont pas pris en compte les évolutions sociétales. Il explique que si l'on ne considère pas l'impact des changements économiques sur les finances publiques, on risque de se retrouver confronté à des déficits inattendus, qui n'ont pas été anticipés de manière adéquate.
Bruno Colmant, un autre économiste, met en avant le ralentissement de la croissance économique et souligne les défis posés par le vieillissement de la population. Selon lui, il est peu probable que les finances publiques soient rétablies avant une quinzaine d'années. Il indique que le système de santé et les pensions devront être maintenus, alors même que la population active, en termes relatifs, diminue. Cette situation pourrait conduire à un endettement public accru, ainsi qu'à des déficits budgétaires persistants.
Le rapport de la Banque nationale de Belgique révèle que tant le gouvernement fédéral que les régions et les communautés sont responsables de cette situation. L'affaiblissement des recettes fiscales n'a pas pu être compensé par une gestion plus stricte des dépenses. Les économistes s'accordent à dire qu'il est impératif d'établir un cadre budgétaire contraignant afin de remédier à cette spirale déficitaire.