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Wednesday, 07 October 2026
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Les montants liés aux licences d’exportation d’armes wallonnes explosent

Les licences d'exportation d'armements délivrées par la Wallonie, qui permettent aux entreprises de la région d'exporter des armes, des munitions et du matériel de défense, ont atteint un montant potentiel de 1.587.532.966 euros en 2025. Cela représente une augmentation de 84,43 % par rapport aux 860.765.942 euros enregistrés en 2024. Ces données proviennent du rapport annuel sur l'application de la réglementation wallonne dans ce domaine.

Pour le Ministre-président du gouvernement wallon, Adrien Dolimont (MR), ces résultats illustrent le dynamisme des entreprises wallonnes dans le secteur de la défense, qui se porte bien. Ce sentiment est partagé par Agoria Wallonie, l'organisation patronale spécialisée dans l'industrie technologique. Cependant, Adrien Dolimont souligne qu'il ne faut pas confondre les licences accordées avec les exportations réalisées. Il précise que « la valeur nominale des licences peut en effet varier fortement d’une année à l’autre selon la nature et l’objet de celles-ci (renouvellements, contrats de maintenance, nouveaux contrats, prospection…) ».

Le rapport indique également que la valeur des exportations effectuées a connu une forte hausse, atteignant 651,75 millions d'euros en 2025, contre 450,84 millions d'euros en 2024, soit une augmentation de 45 %.

En revanche, le nombre de licences délivrées a diminué de 4,1 %, avec 1.551 licences en 2025, contre 1.618 l'année précédente. Cela signifie qu'il y a eu moins de licences accordées, mais celles-ci représentent un montant potentiel global nettement plus élevé.

Comme par le passé, la majorité des licences d'exportation délivrées en 2025 concernent des transactions vers l'Europe (hors Europe de l'Est) et l'Amérique du Nord, représentant 83,24 % du total. La France est la première destination en termes de nombre de licences, tandis que l'Allemagne se classe au premier rang en termes de montants.

Cependant, François Graas, représentant d'Amnesty International, souligne que plusieurs destinations mentionnées dans le rapport peuvent poser problème. Il cite des pays comme la Turquie, le Maroc, l'Indonésie, le Pakistan, ainsi que l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Selon lui, « les forces armées pakistanaises ont bombardé un centre pour toxicomanes en Afghanistan dans le cadre du conflit entre ces pays » et « il est établi que les Émirats soutiennent activement les paramilitaires des FSR au Soudan, où la situation humanitaire est catastrophique ».

Ces chiffres interviennent dans un contexte de hausse des dépenses militaires mondiales, alimentées par l'intensification des conflits. Selon le Sipri, ces dépenses ont atteint un niveau record de 2.887 milliards de dollars en 2025, marquant ainsi une onzième année consécutive d'augmentation.

En avril dernier, le gouvernement wallon, sous pression du secteur de l'armement, a décidé d'assouplir les règles relatives à l'octroi des licences d'exportation d'armes. Cette réforme vise à simplifier les procédures et à alléger les contraintes administratives pour les entreprises. Toutefois, François Graas s'interroge sur la nécessité de cette réforme, en soulignant que « dans ce contexte favorable à l’industrie (et sans même tenir compte de l’augmentation des commandes en Belgique), il est difficile de comprendre pourquoi le gouvernement insiste tellement sur la nécessité supposée de favoriser davantage les exportations ».

Agoria Wallonie affirme qu'il est crucial que la réforme du décret soit mise en œuvre rapidement. L'organisation plaide pour que « les entreprises aient besoin d’un cadre sécurisé, prévisible et adapté aux cycles industriels internationaux pour continuer à investir, innover et créer de l’emploi en Belgique ».

La réforme proposée par l'exécutif régional, qui a été approuvée en première lecture après de longues négociations entre les partenaires de la majorité MR-Les Engagés, doit encore faire l'objet d'une analyse très attendue par le Conseil d'État.