Plusieurs milliers de personnes rassemblées en Belgique contre les visites domiciliaires
Des milliers de personnes se sont réunies mercredi en fin d'après-midi autour du Palais de Justice de Bruxelles pour exprimer leur opposition à un projet de loi concernant les visites domiciliaires, dont le vote est prévu pour jeudi à la Chambre des représentants. Cette manifestation, organisée par une multitude d'associations et d'organisations de la société civile, a été marquée par de nombreux discours sur la place Poelaert.
La mobilisation a attiré une foule considérable autour de cet imposant bâtiment, inauguré en 1883, qui s'étend sur 186 mètres de long et 177 mètres de large. À certains endroits, la chaîne humaine formée par les manifestants comptait jusqu'à six rangs de profondeur. Les participants étaient rassemblés derrière une banderole affichant le message « Stop visites domiciliaires ».
Malgré des conditions climatiques difficiles, avec du vent et du froid, les manifestants ont chanté et scandé des slogans critiques à l'égard du gouvernement fédéral, tels que « À bas l'Arizona », « Non à l'État policier » et « Niemand is illegaal ». Un mélange de colère, de tristesse et d'émotion était palpable parmi les participants, qui comprenaient des étudiants, des juristes, des syndicalistes, des militants associatifs, des élus de gauche et des familles.
Les manifestants s'opposent à un projet de loi qui permettrait à la police d'entrer dans des domiciles privés pour rechercher des personnes en situation irrégulière, dans le but de procéder à des expulsions. Ils considèrent que cette mesure constitue une atteinte à l'inviolabilité du domicile ainsi qu'au respect de la vie privée et familiale. « Il ne s’agit pas de simples visites, mais de véritables irruptions, avec des pouvoirs de contrainte », ont déclaré les organisations mobilisées, exprimant leurs craintes quant aux conséquences de ces interventions sur les familles, notamment celles ayant des enfants.
Cette chaîne humaine fait partie d'une mobilisation nationale, avec plus de 50 rassemblements organisés à 18h devant des maisons communales à travers tout le pays. Des images de ces actions devaient être diffusées sur un écran géant sur la place Poelaert, où les discours se sont enchaînés tout au long de la soirée.
À Liège, environ 450 personnes se sont également réunies derrière l'hôtel de ville pour protester contre le même projet de loi. Une chaîne humaine a commencé à se former durant cette mobilisation. Les militantes présentes sur place ont exprimé leurs préoccupations concernant les insuffisances du projet en matière de protection de l'inviolabilité du domicile et de contestation des décisions policières. Elles ont également critiqué l'utilisation de la notion de trouble à l'ordre public, craignant une interprétation arbitraire, et ont rejeté l'idée de lier la présence de personnes sans papiers à la criminalité.
Ces militantes estiment que le texte met en péril les solidarités entre citoyens, qu'ils soient en possession d'un titre de séjour ou non. Elles craignent particulièrement que les interventions à domicile visant ceux qui accueillent des personnes sans papiers contribuent à criminaliser cet acte de solidarité.