Un"management de terreur" au CHR de Verviers ?
Une réunion exceptionnelle du Comité pour la prévention et la protection au travail (CPPT) est prévue pour ce mercredi 4 novembre 2026, à 8 heures, au Centre hospitalier régional de Verviers East Belgium. Cette rencontre a été convoquée d'urgence à la demande du front commun des trois syndicats représentant les travailleurs : le syndicat chrétien (CSC-Services publics), le libéral (SLFP) et le socialiste (CGSP-Admi).
Le front commun évoque des allégations graves, fondées sur des témoignages recueillis, concernant un "management de terreur et toxique" au sein du département de nursing, qui est le plus important du CHR, regroupant environ 700 employés, dont des infirmiers et des aides-soignants. Cette situation a été mise en lumière suite à une lettre anonyme datée du 6 octobre, signée par des membres du personnel qui ont souhaité rester dans l'ombre par crainte de représailles. Dans cette lettre, ils appellent les administrateurs, les responsables politiques et les autorités compétentes à prendre pleinement conscience de la gravité de la situation.
Il est difficile de déterminer le nombre exact de signataires de cette lettre anonyme. Toutefois, les syndicats prennent cette plainte très au sérieux, car elle rejoint d'autres témoignages internes provenant de différents services du nursing. Les témoignages évoquent des cas de "harcèlement, menaces et intimidations" de la part de la direction, ou d'une partie de celle-ci.
Des contacts anonymes rapportent que la situation est loin d'être univoque. Certains affirment ne pas avoir observé un tel climat dans leur service, tandis que d'autres confirment les allégations. Ces derniers partagent également le contenu de la lettre anonyme, qui semble provenir de membres du personnel en poste depuis de nombreuses années, regrettant une époque où le travail était plus agréable, l'expérience valorisée et la solidarité entre collègues forte.
Le climat social au sein de l'hôpital se serait détérioré progressivement au cours des dernières années. Cela est documenté dans un rapport de cinq pages, qui évoque des évaluations professionnelles stressantes et contestables, ainsi que des nominations biaisées pour certains postes. De plus, environ 20 infirmières en chef et cadres auraient quitté leurs fonctions, que ce soit par démission ou licenciement. D'autres sources affirment que certains responsables, après de longues années de service, ont choisi de quitter l'établissement pour d'autres opportunités.
Les syndicats soulignent qu'il y a eu, en deux ans, 20 démissions au sein du service des urgences, la dernière ayant eu lieu la semaine passée. Ils notent également que la médecin du travail, qui avait signalé un management problématique dans plusieurs dossiers d'absentéisme et de burn-out, a été écartée.
Que pense le directeur général du CHR, Jérôme Bonhomme, de cette situation ? Il déclare : "Je n'ai rien de formel à ce sujet. Ce sera le thème central de la réunion du CPPT de ce mercredi, avec nos partenaires représentant le personnel. Nous verrons ce que nous pourrons partager." Il précise que des dispositifs ont été mis en place pour améliorer le bien-être au travail, notamment à travers un service interne et un service externe. Il insiste sur le fait qu'il existe plusieurs moyens pour identifier les situations problématiques et rappelle qu'une enquête psychosociale a été effectuée pour l'ensemble de l'hôpital il y a un an, sans qu'aucune alerte rouge n'ait été signalée à ce moment-là.
Le président du conseil d'administration de l'intercommunale hospitalière, Philippe Boury (MR), a déclaré qu'il ne souhaitait pas s'exprimer avant d'avoir entendu toutes les parties, notamment lors de la réunion du CPPT. Concernant la lettre anonyme du 6 octobre, il a indiqué qu'il n'en avait pas eu connaissance, tout comme le directeur général. Les signataires de la lettre ont exprimé que les faits rapportés méritent une enquête indépendante et objective, respectant toutes les personnes concernées, y compris celles mises en cause. Le président du CHRV a suggéré que, si un malaise existe, la solution serait de mener une enquête psychosociale par une organisation externe au CHR.