Un "management de terreur" ? Le CHR de Verviers va lancer une enquête
Comme l'a rapporté L'Avenir Verviers, une réunion exceptionnelle du CPPT (Comité pour la prévention et la protection au travail) a eu lieu ce mercredi matin au CHR de Verviers. Cette réunion a été convoquée en urgence à la demande explicite des syndicats unis.
Les discussions ont porté sur ce que les organisations syndicales qualifient de "management de terreur" au sein du département des soins, le plus important de l'hôpital, comptant environ 700 employés, incluant infirmiers et aides-soignants.
Les représentants des trois syndicats – CSC-Services publics (chrétien), SLFP (libéral) et CGSP-Admi (socialiste) – ont exprimé leurs préoccupations à plusieurs membres du conseil d'administration de l'intercommunale hospitalière présents lors de cette réunion, dont le président Philippe Boury (MR), le vice-président Alexandre Loffet (PS) et Cécile Ozer pour Les Engagés. Étaient également présents le directeur général, Jérôme Bonhomme, et la directrice des ressources humaines.
Stéphane Cormanne, secrétaire régional verviétois de la CGSP-Admi, a déclaré : "Nous sommes très satisfaits de l'écoute que nous avons reçue de la part de l'autorité du CHR, qui a fait preuve d'une grande attention aux nombreux témoignages que nous avons recueillis et qui a proposé de mettre en place un plan d'actions dans un délai très rapide."
Une des principales mesures qui en découle sera le lancement d'une enquête psychosociale, qui sera réalisée par un service externe de prévention, la société Liantis. Cette enquête se déroulera à deux niveaux : auprès des cadres du nursing et de l'ensemble du personnel de ce département.
Christophe Kinot, permanent de la CSC-Services publics, a également souligné : "Nous apprécions ce geste de l'employeur, qui a immédiatement proposé cette enquête psychosociale. C'est une mesure forte, car elle impose à l'employeur de prendre des mesures en fonction des résultats de cette enquête. Maintenant, la balle est dans le camp des agents. Chacun d'eux pourra s'exprimer dans un cadre secret et sécurisé, car l'anonymat est garanti. Nous attendons de voir les conclusions de cette enquête et les mesures qui en découleront."
Les représentants syndicaux affirment disposer de nombreux témoignages de membres du personnel, mais qui préfèrent rester anonymes par crainte de représailles de la part de la direction. De plus, des témoignages de plusieurs anciens employés, certains ayant quitté l'institution sous pression, commencent également à émerger.
Le directeur général du CHR de Verviers, Jérôme Bonhomme, a adopté une position plus réservée. Il n'a pas mentionné directement l'enquête psychosociale, mais a parlé d'une "proposition" acceptée par les représentants du personnel. Il a confirmé que la réunion s'était déroulée dans un "climat serein", tout comme les relations avec les partenaires sociaux, qu'il décrit comme stables depuis des années.
Le président du conseil d'administration de l'intercommunale hospitalière, Philippe Boury (MR), a ajouté : "La discussion a été extrêmement intéressante." Il a confirmé la "décision unanime" de lancer "une enquête psychosociale à deux niveaux, ciblant l'encadrement et l'ensemble du personnel" du département des soins. Cette enquête vise à vérifier la véracité des informations qui ont été rapportées et, le cas échéant, à y répondre de manière appropriée.