17 menaces pour l'humanité identifiées par le Lancet : sommes-nous vraiment prêts à affronter les deux plus redoutables ?
Les menaces existentielles posées par l'intelligence artificielle (IA) sont souvent évoquées à travers des scénarios alarmants, tels que la superintelligence, les armes biologiques ou les conflits nucléaires. Ces préoccupations soulèvent la question de notre aptitude à maîtriser des technologies dont les capacités évoluent rapidement. Faut-il craindre une machine autonome ou plutôt les manières dont nous les utiliserons ? Cinq scénarios, allant du plus hypothétique au plus concret, permettent d'explorer ces interrogations.
Les urgences sanitaires, comme l’a démontré la pandémie de Covid-19, peuvent rapidement déstabiliser un système de santé. Avec des services saturés, des interventions retardées et des patients privés de soins essentiels, la question se pose : si une nouvelle crise survenait demain, serions-nous mieux préparés ? Publié le 10 octobre 2026, le rapport de la Commission de The Lancet sur les menaces sanitaires mondiales au XXIe siècle exhorte à regarder au-delà des pandémies. Les auteurs incitent les gouvernements à anticiper les risques, dont les conséquences dépendront des décisions prises aujourd'hui.
La Commission a identifié dix-sept menaces potentielles à la santé mondiale, examinant 204 pays et territoires. L’objectif est d’évaluer les années de vie en bonne santé que des mesures adaptées pourraient préserver, en comparant deux scénarios futurs : l’un optimiste et l’autre pessimiste. Parmi les menaces identifiées, on retrouve des problématiques bien connues telles que : les pandémies naturelles et la résistance aux antimicrobiens ; le changement climatique et la pollution de l'air ; ainsi que des problèmes de santé comme l'hypertension, l'obésité, la malnutrition infantile et les troubles mentaux. Les inégalités de revenus, le faible niveau d'instruction et l'effondrement de l'aide publique au développement sont également mentionnés, tout comme les conflits, le tabagisme, l'alcoolisme et le vieillissement en mauvaise santé.
Cependant, deux menaces se distinguent par leur gravité : l'utilisation malveillante de l'IA, notamment pour développer des armes biologiques, et un conflit nucléaire pouvant provoquer une famine mondiale. La Commission les classe parmi les menaces ayant un potentiel d'extinction. De plus, ces dangers peuvent interagir entre eux, les inégalités influençant l'exposition aux risques, la vulnérabilité et la capacité à faire face à une crise. Les populations à faibles revenus et marginalisées sont souvent les plus touchées. La préparation doit donc aller au-delà de la réponse à chaque menace prise isolément.
Du 5 au 7 avril 2026, le « One Health Summit » a rassemblé des dirigeants et des scientifiques du monde entier à Lyon pour examiner les liens entre la santé humaine, animale et environnementale. L'objectif était de favoriser le dialogue entre les États, les scientifiques et les acteurs de terrain afin de renforcer la coordination internationale, mobiliser les acteurs publics et privés et améliorer les systèmes de surveillance et de prévention.
Malgré quelques progrès depuis la pandémie, la Commission ne mesure pas directement notre niveau de préparation. D'autres évaluations mettent en évidence des failles. En février 2026, l'OMS a noté des avancées dans la surveillance des agents infectieux et les capacités des laboratoires, mais a estimé que ces acquis demeuraient fragiles et inégalement répartis. Dans son rapport de mai 2026, le Conseil mondial de suivi de la préparation aux pandémies (GPMB) a exprimé des inquiétudes quant à l'insuffisance des investissements face à l'augmentation des risques. Les progrès réalisés sont souvent contrebalancés par des divisions géopolitiques, des perturbations écologiques et une diminution de l'aide internationale.
L'exemple du mpox illustre ces défis : selon le GPMB, les vaccins n'ont atteint les pays à faibles revenus que près de deux ans après le début de l'épidémie. Disposer d'un vaccin ne suffit pas ; il est également crucial qu'il parvienne rapidement aux populations concernées. La vaccination a cependant connu une phase d'innovation sans précédent, avec des avancées telles que les sprays nasaux, les vaccins à ARN messager et les protections universelles contre les virus mutants.
Pour la Commission de The Lancet, se préparer aux crises sanitaires nécessite trois engagements : un financement durable des systèmes de santé capables d'anticiper et de répondre aux menaces ; des investissements dans de nouvelles solutions, comme les vaccins, les antibiotiques et les technologies liées au climat ; et un suivi régulier des risques pour adapter les décisions aux évolutions. Le rapport ne prédit pas de catastrophe inévitable ; au contraire, il souligne que le fossé entre un scénario favorable et un scénario défavorable représente ce que des choix politiques peuvent encore éviter. Ainsi, la question centrale n'est pas seulement de savoir si nous sommes prêts aujourd'hui, mais si nous sommes disposés à investir dans la préparation maintenant ou à subir les conséquences de l'improvisation plus tard.