Après 60 ans, cette poignée quotidienne réveillerait la zone du cerveau qui fabrique les souvenirs, selon une étude de Maastricht
Une étude récente menée par des chercheurs néerlandais a révélé qu'une consommation quotidienne de cacahuètes pourrait stimuler des zones du cerveau associées à la mémoire chez les personnes âgées de plus de 60 ans. Cette recherche, réalisée au sein du centre médical universitaire de Maastricht, a été publiée fin septembre 2026 dans la revue Food & Function.
Les chercheurs, Lucia Kerkhof et Peter Joris, ont conduit une étude sur une période de seize semaines impliquant 31 participants en bonne santé, âgés de 60 à 75 ans, tous non diabétiques. Ces volontaires ont été soumis à des IRM cérébrales afin d'analyser les effets de la consommation de cacahuètes non salées, conservant leur peau, par rapport à une période sans consommation de ces fruits secs.
Les participants avaient la liberté de consommer leur ration quotidienne de cacahuètes, d'environ 60 grammes, soit deux poignées, comme ils le souhaitaient, durant leurs repas. L'insuline, une hormone essentielle à la régulation du sucre dans le sang, a été au cœur de cette recherche, car elle joue également un rôle dans la communication neuronale et la formation des souvenirs. Avec l'âge, la sensibilité des neurones à l'insuline diminue, un phénomène lié au déclin cognitif.
Les résultats préliminaires de l'étude montrent une augmentation de 3,6 % du débit sanguin cérébral et une amélioration de 5,8 % des scores de mémoire verbale chez les participants ayant consommé des cacahuètes. Cependant, ce qui est particulièrement intéressant, c'est que la sensibilité à l'insuline dans le reste du corps n'a pas montré de changement, ce qui suggère que l'effet observé pourrait être spécifique au cerveau.
L'imagerie cérébrale a mis en évidence des changements dans quatre régions liées à la mémoire, à savoir le gyrus lingual, l'hippocampe, le gyrus parahippocampique et le cingulaire postérieur. Ces structures sont cruciales pour la mémoire, et les chercheurs estiment que la consommation quotidienne de cacahuètes pourrait améliorer la captation d'insuline dans ces zones, bien que ces conclusions nécessitent des recherches supplémentaires.
Les chercheurs ont également exploré les composants nutritionnels des cacahuètes qui pourraient être responsables de ces effets bénéfiques. Les cacahuètes sont riches en L-arginine, un acide aminé qui favorise la production de monoxyde d'azote, contribuant ainsi à la dilatation des vaisseaux sanguins et à l'augmentation du débit sanguin cérébral. De plus, la peau des cacahuètes contient des polyphénols antioxydants, et les chercheurs soulignent l'importance de consommer les cacahuètes avec leur peau pour maximiser les bénéfices potentiels.
Peter Joris, le principal chercheur de l'étude, a souligné que les cacahuètes représentent une option alimentaire accessible, étant peu coûteuses et largement disponibles. Cependant, il a également précisé que l'étude ne portait que sur des individus en bonne santé, sans troubles cognitifs déclarés. Pour tirer des conclusions sur la prévention de maladies comme Alzheimer, des recherches supplémentaires sont nécessaires, notamment auprès de personnes présentant déjà des troubles de la mémoire.
Les chercheurs ont également noté que les versions salées ou enrobées de cacahuètes, qui contiennent du sodium et du sucre, n'ont pas été testées dans cette étude. Les cacahuètes grillées à sec, avec leur peau, sont celles qui se rapprochent le plus du protocole de l'étude.
En conclusion, bien que les résultats soient prometteurs, les chercheurs mettent en garde contre une interprétation hâtive des données. Les 31 participants de l'étude ne permettent pas de tirer des conclusions définitives concernant la prévention de la maladie d'Alzheimer. L'étude a été financée par la Peanut Institute Foundation, qui a précisé ne pas avoir influencé le protocole de recherche ni l'analyse des données.
Les prochaines étapes de cette recherche impliqueront de répéter l'expérience avec des participants ayant des problèmes de mémoire déclarés. Cela permettra de déterminer si les effets observés sont significatifs et applicables à des populations plus larges. En attendant, d'autres habitudes alimentaires simples méritent également d'être explorées pour leur impact potentiel sur la santé cognitive.