Elections législatives en Israël : une participation record, Netanyahu et Eisenkot au coude-à-coude selon les premières estimations - RTBF Actus
Les résultats des élections législatives en Israël révèlent une participation sans précédent, selon les premiers sondages à la sortie des bureaux de vote diffusés par les chaînes de télévision 11, 12 et 13. Le "bloc du changement", dirigé par Gadi Eisenkot, obtiendrait entre 52 et 53 sièges sur les 120 que compte la Knesset, le parlement israélien, tandis que la coalition sortante de Benjamin Netanyahu récolterait environ 50 sièges. Les deux formations arabes israéliennes sont également en bonne position, avec des projections leur attribuant entre 17 et 18 sièges, ce qui marque une nette augmentation par rapport aux élections précédentes. Malgré ces résultats, le Likoud de Benjamin Netanyahu reste le parti dominant, avec une estimation de 24 à 25 sièges, devançant ainsi le parti Yashar de Gadi Eisenkot.
Les réactions à ces résultats préliminaires ont été vives. Gideon Saar, ministre des Affaires étrangères et membre du Likoud, a qualifié de "prématurées" les célébrations de l'opposition. "Les réjouissances à gauche sont précoces (...) Une chose semble claire : le Likoud est le plus grand parti d'Israël", a-t-il déclaré sur X, soulignant que les alliances entre les partis n'étaient pas encore prises en compte dans ces estimations.
Bien que ces résultats ne soient pas définitifs, l'absence d'une majorité claire entraîne des semaines de négociations pour rassembler les 61 sièges nécessaires à la formation d'un gouvernement. La Commission électorale publiera progressivement les résultats au cours de la nuit de mardi à mercredi, un processus qui pourrait s'étendre sur plusieurs jours. Ces élections, qui sont les premières depuis les attaques du Hamas sur Israël le 7 octobre 2023, ont suscité un intérêt considérable, avec une participation record, reflet de l'importance de ce scrutin pour de nombreux Israéliens. De nombreux expatriés ont même fait le déplacement pour voter.
Ce scrutin se déroule dans un contexte de critiques internationales croissantes concernant la gestion de la guerre à Gaza, ainsi que des violences et de l'expansion des colonies en Cisjordanie occupée, sous le gouvernement le plus à droite de l'histoire du pays. Les résultats seront scrutés de près à l'échelle mondiale, alors que Benjamin Netanyahu intensifie ses menaces à l'encontre de l'Iran, aggravant potentiellement un conflit dont les conséquences se font sentir bien au-delà du Moyen-Orient. Dans cette impasse, la minorité arabe israélienne, représentant près de 20 % de la population et se déclarant discriminée, pourrait jouer un rôle clé dans la formation d'une majorité gouvernementale. Netanyahu a d'ailleurs ciblé cette communauté, accusant le parti Raam de vouloir "voler l'élection" après l'arrestation de trois individus en possession d'enveloppes contenant de l'argent liquide. Les autorités électorales ont qualifié cela de "cas isolé", tandis que Gadi Eisenkot a accusé Netanyahu de préparer le terrain à une contestation des résultats. Mansour Abbas, chef de Raam, a dénoncé les "mensonges" du Premier ministre, les qualifiant de tentatives pour mobiliser l'électorat de droite.
Le souvenir des événements du 7 octobre a profondément marqué cette élection. Gadi Eisenkot, qui accuse Netanyahu d'être responsable des failles sécuritaires, a promis d'établir une commission d'enquête indépendante s'il accède au pouvoir. Au cours de la campagne, Netanyahu a tenté de démontrer qu'il avait affaibli les ennemis d'Israël, en menant plusieurs opérations militaires, dont celle qui a ravagé Gaza. Il a promis, en cas de victoire, de "terminer le travail" en Iran et a mis en avant sa relation avec l'ancien président américain Donald Trump, qui lui a exprimé son soutien. Pour les adversaires de la coalition sortante, ces élections sont cruciales pour la préservation de la démocratie israélienne, alors que Netanyahu fait face à un procès pour corruption et s'attaque régulièrement au pouvoir judiciaire. Gadi Eisenkot a mené une campagne plus discrète que celle de Netanyahu, misant sur une image de sérieux et promettant de "rassembler tous les Israéliens".