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Monday, 02 November 2026

En Wallonie, des communes ne font pas payer les concessions funéraires, mais cela peut amener des dérives : « Nos cimetières ne sont pas extensibles à l’infini »

En Belgique, la gestion des concessions funéraires est à la charge des communes, qui déterminent les tarifs applicables. En Wallonie, le coût moyen d'une concession en pleine terre pour une durée de 30 ans est de 480 euros, mais ce montant peut varier considérablement d'une localité à l'autre. À Comines-Warneton, par exemple, le prix s'élève à 1.000 euros pour une concession en pleine terre, tandis que le tarif est de 500 euros pour un caveau ou un colombarium. Chantal Bertouille, échevine des cimetières, justifie ces tarifs élevés en soulignant les coûts associés à l'entretien et à la gestion des cimetières, qui incluent les salaires des fossoyeurs et de l'équipe d'entretien, ainsi que les frais administratifs et de matériel.

Dans d'autres communes belges, la situation est différente. À Houffalize, par exemple, les concessions sont gratuites pour les résidents, seuls les non-résidents devant s'acquitter d'une somme de 300 euros pour une période de 30 ans. Josette Deville, la bourgmestre, décrit cette mesure comme un avantage pour les habitants, mais admet que la commune devra peut-être revoir cette politique à l'avenir en fonction des contraintes budgétaires.

Cependant, la gratuité des concessions peut poser des problèmes à long terme. Xavier Deflorenne, responsable des cimetières pour la Région wallonne, souligne que le coût d'une concession est essentiel pour assurer une gestion responsable des cimetières. Il évoque le risque qu'une commune qui ne perçoit pas de redevance ne prenne pas en compte l'importance des lieux de repos dans la vie locale. À Beauraing, où le renouvellement des concessions est gratuit, Nemo Mascaux, gestionnaire des cimetières, constate que cela entraîne un abandon de certaines tombes, ce qui pourrait mener à une saturation des espaces disponibles.

À Lasne, la situation est similaire, bien que les résidents soient soumis à des tarifs différents. Pour ceux qui n'ont jamais résidé dans la commune, le coût d'une concession s'élève à 7.000 euros pour 30 ans, soit sept fois plus que pour les habitants. La bourgmestre, Virgnie Hermans-Poncelet, explique que cette mesure vise à préserver des places pour les résidents, face à une augmentation des demandes d'inhumation provenant de personnes extérieures à la commune.

Un autre phénomène préoccupant est le tourisme funéraire, où des individus achètent des concessions dans des communes où les prix sont plus bas. Xavier Deflorenne met en garde contre cette tendance, qui peut nuire à la gestion des cimetières locaux, conçus pour répondre aux besoins de la population de la commune. Cette situation peut entraîner une saturation plus rapide des lieux de repos, compliquant ainsi leur gestion.

Les autorités wallonnes soutiennent que les redevances funéraires sont justifiées tant qu'elles contribuent à l'entretien des cimetières, garantissant des espaces verts soignés, des infrastructures accessibles et un environnement propice au deuil pour les familles. L'équilibre entre la gratuité et la nécessité de maintenir des cimetières en bon état reste un enjeu complexe pour les communes wallonnes, qui doivent naviguer entre les besoins de leurs citoyens et les réalités budgétaires.