Today's Post
Monday, 02 November 2026
Health

Cancer : vers une immunothérapie « surpuissante » contre les tumeurs résistantes ?

La mort cellulaire programmée est un processus vital pour le renouvellement et le bon fonctionnement des tissus de notre organisme. Toutefois, lorsque ce mécanisme est perturbé, certaines cellules parviennent à échapper à ce processus et se multiplient de manière incontrôlée, ce qui peut entraîner le développement de cancers. Pourquoi certains cancers sont-ils résistants aux traitements immunothérapeutiques récents ? Au centre des tumeurs, les cellules cancéreuses et les cellules immunitaires se livrent une lutte acharnée pour les ressources nécessaires à leur survie. Dans ce contexte hostile, les défenses immunitaires peuvent perdre leur capacité à combattre la maladie. Une équipe de chercheurs du Cold Spring Harbor Laboratory, situé dans l'État de New York, a mis en évidence un levier biologique prometteur. Leurs recherches, publiées dans la revue Nature Immunology, se concentrent sur une protéine à double fonction, nommée PPARδ (ou PPARD).

PPARδ joue un rôle clé dans la régulation du métabolisme : elle contrôle l'expression de certains gènes et participe à la transformation des graisses en énergie. Cependant, ses effets varient selon le type de cellule dans laquelle elle est activée. Dans les cellules cancéreuses, PPARδ favorise la croissance tumorale, tandis que dans les cellules immunitaires, notamment les lymphocytes T, elle peut renforcer la réponse anticancéreuse. Les chercheurs ont observé qu'elle améliore l'utilisation des acides gras par les lymphocytes T CD8, qui ont la capacité de détruire les cellules cancéreuses. « Nous avons émis l'hypothèse que les facteurs déterminants de la survie des cellules cancéreuses et des cellules immunitaires ne sont pas si éloignés. Elles évoluent dans le même environnement et sont soumises aux mêmes contraintes physiques et chimiques », a déclaré le Dr Semir Beyaz, chercheur au Cold Spring Harbor Laboratory.

Les chercheurs se sont d'abord penchés sur le cancer colorectal, qui est devenu la première cause de mortalité par cancer chez les personnes de moins de 50 ans. Les formes les plus courantes de ce cancer sont souvent considérées comme « insensibles » aux immunothérapies traditionnelles. Dans des expériences menées sur des souris présentant un cancer colorectal métastatique, des lymphocytes T avec PPARδ activée ont montré une sensibilité accrue des tumeurs à une immunothérapie. Ces résultats suggèrent que l'amélioration des capacités des cellules immunitaires pourrait aider à surmonter certaines résistances.

L'équipe a également testé des cellules CAR-T humaines, qui sont des lymphocytes génétiquement modifiés pour cibler des cellules cancéreuses. Bien que ces thérapies soient déjà utilisées pour certains cancers du sang, leur efficacité contre les tumeurs solides reste limitée. Après l'activation de PPARδ, les cellules CAR-T ont réussi à détruire plus efficacement des organoïdes de cancer colorectal, qui sont de petites structures cultivées à partir de tissus de patients et qui reproduisent certaines caractéristiques des tumeurs.

En France, le cancer colorectal, en forte augmentation chez les jeunes et les femmes, touche chaque année près de 48 000 personnes et en tue 18 000, devenant ainsi la deuxième cause de décès par cancer. Cependant, plus de la moitié des cas pourraient être évités grâce à des modifications du mode de vie. Entre les aliments protecteurs et les facteurs de risque, il est essentiel de connaître les choix quotidiens qui peuvent faire la différence et inverser cette tendance.

Bien que cette découverte offre de nouvelles perspectives pour le traitement du cancer colorectal, l'équipe a également obtenu des résultats prometteurs dans des modèles expérimentaux de cancers du sein, des ovaires et de mélanome. Selon le laboratoire, les chercheurs envisagent également d'explorer cette approche dans le cadre de l'endométriose, une maladie inflammatoire chronique. À ce stade, ces travaux sont encore précliniques, réalisés sur des modèles animaux et des cultures de cellules humaines, et n’offrent pas encore d’indications sur l’efficacité ou les risques d’un éventuel traitement chez l’humain.

Le double rôle de PPARδ représente un défi majeur : il est crucial de déterminer comment renforcer les cellules immunitaires sans favoriser les cellules cancéreuses, tout en vérifiant la sécurité et la durabilité des bénéfices avant de penser à une application clinique.