Today's Post
Monday, 02 November 2026
Health

Une courte nuit n’a pas le même impact selon l’âge

Une étude récente menée par des chercheurs de l’Université Simon Fraser (SFU) et de l’Université Athabasca a révélé que les effets d'une nuit de sommeil écourtée diffèrent selon l'âge. Les résultats, publiés dans la revue Imaging Neuroscience, indiquent que le cerveau des personnes âgées en bonne santé s'adapte mieux à un manque de sommeil comparé à celui des jeunes adultes. Après une nuit de seulement trois heures, les connexions cérébrales chez les individus âgés de 20 à 30 ans semblent se renforcer, alors qu'elles s'affaiblissent chez les personnes âgées de 65 à 75 ans.

Josh Neudorf, professeur adjoint à l’Université Athabasca et auteur principal de l’étude, a expliqué que les jeunes adultes semblent fonctionner à plein régime sous le stress du manque de sommeil, tandis que les aînés parviennent à réguler ces connexions cérébrales. Selon lui, ce ralentissement du fonctionnement cérébral pourrait aider les personnes âgées à se réorganiser plus efficacement pour compenser la perte de sommeil. Il a souligné que cela démontre la capacité d’adaptation remarquable du cerveau.

Les chercheurs ont utilisé des examens d'imagerie par résonance magnétique (IRM) pour évaluer les cerveaux de plusieurs dizaines d'adultes à Stockholm, en Suède, après une nuit normale et après une nuit de trois heures. Bien que les résultats soient cohérents avec des observations antérieures, Nadia Gosselin, chercheuse en médecine du sommeil et professeure à l’Université de Montréal, a souligné la nécessité de nuancer ces conclusions. Elle a noté que les jeunes adultes semblent souvent plus affectés par une nuit de sommeil écourtée.

Gosselin a décrit la situation en disant que lorsque toutes les régions du cerveau essaient de communiquer, cela devient semblable à un enchevêtrement de spaghetti, ce qui nuit à l’efficacité du fonctionnement cérébral. Cependant, elle a également mis en garde contre le fait que cette étude est très expérimentale et contrôlée, ce qui pourrait ne pas refléter la réalité des personnes manquant de sommeil. De plus, l'étude ne concernait qu'une seule nuit de sommeil chez des individus ayant de bonnes habitudes de sommeil.

Il est important de noter que cette recherche ne doit pas être interprétée comme une incitation pour les personnes âgées à négliger leur sommeil. Josh Neudorf a précisé que les aînés ont besoin de moins de sommeil que la moyenne, soit entre 7 et 8 heures par nuit, selon les recommandations canadiennes. À long terme, un sommeil insuffisant peut être un facteur de risque pour des maladies comme Alzheimer, comme l'ont rappelé les deux chercheurs.

En lien avec le sommeil, un débat persistant concerne le changement d'heure. Dimanche dernier, la Colombie-Britannique a maintenu l'heure avancée toute l'année, tout comme l'Alberta et le Manitoba, tandis que l'Est du Canada a effectué un retour à l'heure normale. Lors d'une consultation en 2019, 93 % des répondants en Colombie-Britannique avaient soutenu l'idée de l'heure avancée permanente. Cependant, Nadia Gosselin a souligné que les données scientifiques favorisent l'heure normale, et les experts s'inquiètent des conséquences pour des villes comme Vancouver, où le soleil ne se lèvera qu'à 9 h durant les jours les plus sombres de l'hiver.

La lumière du matin joue un rôle essentiel dans la régulation de l'horloge biologique et peut aider à prévenir la dépression saisonnière. Malgré cela, Gosselin a noté que l'attrait pour les longues soirées d'été crée un biais cognitif en faveur de l'heure avancée, ce qui va à l'encontre des recommandations scientifiques. Cette dynamique met en lumière la complexité des décisions liées au sommeil et à la santé publique.