Hôtel-Dieu du Creusot : «On n’est pas de très bons élèves en France, en matière de dépistage de cancer du sein» explique le Docteur Faron
Au cours du mois d'Octobre rose, nous avons eu l'occasion d'observer une intervention chirurgicale pour le traitement du cancer du sein à l'Hôpital du Creusot. Le Docteur Antoine Faron a souligné l'importance cruciale de la prévention et du dépistage précoce de cette maladie.
Alors qu'Octobre rose 2026 vient de se terminer, cette campagne annuelle rappelle, comme chaque année, l'importance du dépistage du cancer du sein. Lors de notre visite, nous avons assisté à une tumorectomie réalisée par le Docteur Faron, gynécologue-chirurgien. Ce type d'intervention consiste à retirer la partie affectée par la tumeur. « Cela permet d'éliminer la zone malade identifiée par le radiologue, détectée grâce à la mammographie et à la biopsie », a expliqué le chirurgien. L'objectif principal est d'extraire la tumeur pour qu'elle puisse être analysée et déterminer si des traitements supplémentaires seront nécessaires.
Chaque intervention s'inscrit dans un parcours de soins qui souligne l'importance de la sensibilisation au dépistage. « Nous ne sommes pas de très bons élèves » en matière de dépistage, a déclaré le Docteur Faron. En France, le dépistage organisé du cancer du sein cible les femmes âgées de 50 à 74 ans, qui sont invitées à passer une mammographie tous les deux ans. Toutefois, le taux de participation reste insuffisant. « La première chose à faire est de passer des mammographies, car malheureusement, en France, nous ne sommes pas de très bons élèves », a-t-il ajouté.
Le taux de participation au dépistage est d'environ 49 %, tandis que l'objectif fixé par l'Europe est d'environ 70 %. Cet écart indique qu'il y a une marge d'amélioration considérable. « Il y a un vrai potentiel d'amélioration ici. C'est pour cela que nous célébrons Octobre rose, pour inciter toutes les personnes n'ayant pas encore pris rendez-vous à le faire », a précisé le Docteur Faron. La détection précoce d'une tumeur est souvent déterminante et peut faire la différence entre un cancer diagnostiqué à un stade avancé et un cancer détecté tôt.
« Un cancer du sein détecté à un stade précoce est souvent non palpable », a rappelé le médecin. La mammographie peut révéler des anomalies de très petite taille, invisibles à la palpation. « Il peut être détecté lorsque sa taille équivaut à celle d'un petit grain de riz », a-t-il illustré. Un diagnostic précoce permet d'offrir un traitement approprié. « Pour les formes classiques, le taux de guérison est de 95 % », a-t-il indiqué. En revanche, une détection tardive peut réduire les chances de guérison et rendre les traitements plus complexes.
« Il existe un réel bénéfice pour les patientes », a insisté le Docteur Faron. Ce message est au cœur de la campagne d'Octobre rose : le dépistage ne doit pas être perçu comme une simple formalité médicale, mais comme un moyen d'agir avant que la maladie ne progresse.
La tumorectomie effectuée à l'Hôpital du Creusot est une étape importante de ce parcours médical. Lorsque cela est possible, cette intervention permet de retirer la zone malade tout en préservant le reste du sein, contrairement à la mastectomie, qui implique l'ablation complète du sein. Dans cet établissement, environ une centaine d'interventions de ce type sont réalisées chaque année par quatre praticiens. Lorsque la situation le permet, l'opération est effectuée en ambulatoire, permettant à la patiente de rentrer chez elle le soir même.
Avant l'opération, plusieurs examens peuvent être nécessaires pour localiser précisément la zone à retirer. Un repérage par imagerie peut être réalisé, parfois avec l'insertion d'un petit clip dans le sein. Dans certains cas, les médecins doivent également identifier le ganglion sentinelle, le premier ganglion susceptible d'être touché par la propagation des cellules cancéreuses. Une scintigraphie permet alors de le localiser avant son prélèvement.
Après l'opération, la patiente est suivie en consultation pour discuter des résultats. La suite du traitement est ensuite examinée collectivement. « Toutes les étapes sont validées au fur et à mesure », a déclaré le Docteur Faron, en référence aux réunions de concertation pluridisciplinaire. Ces discussions entre professionnels de santé permettent de définir les traitements les plus adaptés à chaque cas. Ainsi, le traitement du cancer du sein ne se limite pas à une intervention chirurgicale, mais repose sur un accompagnement médical coordonné, qui se poursuit bien après l’opération.
Bien que la mammographie soit essentielle dans le cadre du dépistage organisé, la vigilance ne doit pas se limiter à cet examen. Des signes tels qu'une boule dans le sein, une zone durcie, un écoulement inhabituel ou un changement de forme du sein doivent inciter à consulter un professionnel de santé.