Formation continue en Wallonie : une vaste réforme approuvée en commission, voici ce qui va changer pour les travailleurs
Une réforme importante des dispositifs de formation continue en Wallonie a été approuvée mardi soir en commission au sein du parlement régional. Cette initiative, menée par le ministre de l'Emploi, Pierre-Yves Jeholet, fait suite à la réforme du parcours d'emploi et vise à simplifier le système existant de formation continue.
Le projet de décret propose de remplacer quatre mécanismes actuels, à savoir le congé-éducation payé, le chèque-formation, le crédit-adaptation et le fonds de l'expérience professionnelle, par deux nouveaux dispositifs complémentaires. Le premier, intitulé "Mon Capital Formation", sera à l'initiative des travailleurs, tandis que le second, "Capital Formation Entreprise", sera proposé par les employeurs.
Cette réforme introduit également un catalogue unique des formations éligibles, qui sera géré de manière centralisée par le FOREM. De plus, un taux uniforme d'intervention de 25 euros par heure de formation sera appliqué, avec un plafond de 120 heures de formation par travailleur et par an.
La majorité MR-Engagés a soutenu la réforme sans surprise, tandis que l'opposition a choisi de s'abstenir. Les critiques ont principalement porté sur l'exclusion du secteur non-marchand du nouveau système, ainsi que sur la réduction de la liberté de choix des travailleurs en matière de formation. Le député socialiste Eddy Fontaine a exprimé ses préoccupations en déclarant : "Nous défendons un équilibre entre les besoins des entreprises et la possibilité pour les travailleurs de choisir leur avenir. Votre réforme ne garantit pas assez cet équilibre."
Patricia Van Walle, représentant le PTB, a également fait part de ses réserves, soulignant que bien qu'il soit important de simplifier le système et de lutter contre les abus, le décret proposé limite le choix des formations pour les travailleurs et affaiblit le rôle des interlocuteurs sociaux dans la gestion du dispositif.
De son côté, Ecolo a déclaré ne pas s'opposer à la réforme, mais a insisté sur la nécessité qu'elle tienne ses promesses. Bénédicte Linard a affirmé que l'objectif est d'obtenir un dispositif à la fois plus simple et plus juste, capable de répondre aux besoins tant des entreprises que des travailleurs.
Cette réforme marque donc une étape significative dans la réorganisation de la formation continue en Wallonie, avec des implications potentielles pour de nombreux travailleurs et employeurs dans la région. Les discussions au sein du parlement se poursuivront pour examiner les détails et les impacts de cette nouvelle législation.