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Wednesday, 04 November 2026

« Vers la fin du mois, on n’avait plus que des pâtes blanches » : au procès du décès d’Esekia, les enfants des accusés témoignent - RTBF Actus

Le procès concernant le décès d'Esekia a pris une tournure poignante avec le témoignage des cinq enfants de la famille, une situation rare où de jeunes mineurs se présentent pour témoigner contre leurs parents, qui font face à de lourdes accusations pouvant mener à la réclusion à perpétuité.

Le premier à prendre la parole est le fils aîné, âgé de 16 ans. Il décrit la dynamique familiale en ces termes : "À la maison, ça se passait bien, et tout. Juste, parfois, c'était compliqué pour des histoires d'argent." Lorsqu'interrogé par le président du tribunal sur qui prenait soin de son frère, il répond : "Mes parents et surtout moi. Je le changeais, je lui donnais à manger. À la cuillère. Il mangeait bien, tous les jours. La nourriture était mixée, Monsieur." Le jeune homme s'adresse au président avec respect, concluant ses réponses par un "Monsieur" respectueux. Il continue de décrire l’état de son frère en répondant aux questions du président : "Il allait bien", assure-t-il. "Juste, la dernière semaine, à cause d'une crise de constipation, il a pleuré toute la semaine. Il pleurait, il râlait. Il avait parfois des douleurs au ventre."

La cour cherche à établir si, la veille de son décès, Esekia avait effectivement mangé toute son assiette de pâtes bolognaises, comme l’ont affirmé ses parents lors de leurs auditions. Le jeune témoin répond : "La veille, il n'avait mangé que la moitié de son assiette, Monsieur." Il défend également l’idée que les enfants étaient bien nourris à la maison, contredisant les affirmations de sa sœur qui avait signalé des problèmes d'hygiène. Il n’a constaté aucun problème particulier durant la semaine précédant le décès d'Esekia.

Depuis les événements tragiques, il a choisi de couper les liens avec sa mère et a quelque peu distancié sa relation avec son père. Le président lui demande : "Pourquoi ne vois-tu plus ta maman ?" Un silence s’installe alors dans la salle. Le fils semble hésiter, puis finit par dire : "Un soir, elle m'a appelé et elle m'a dit qu'elle ne voulait plus que je sois son fils." Il avoue ne pas comprendre les raisons de cette rupture. Pendant ce temps, sa mère, assise sur son banc, pleure silencieusement.

Ce témoignage a profondément ému l’audience et a mis en lumière la complexité des relations familiales dans un contexte de crise. Les enfants, bien qu’enfants, sont confrontés à des réalités difficiles qui les obligent à naviguer entre loyauté envers leurs parents et la recherche de la vérité sur des événements tragiques. Le procès continue d’explorer ces dynamiques familiales tout en s’efforçant de rendre justice à Esekia et à sa mémoire.