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Wednesday, 04 November 2026
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La Belgique puise dans ses réserves stratégiques de diesel : y aura-t-il des conséquences à la pompe ?

La Belgique s'engage dans un effort international pour apaiser les tensions sur le marché du pétrole. Dans ce cadre, le pays a décidé de libérer 260.000 barils de diesel, équivalant à environ 41 millions de litres, de ses réserves stratégiques. Cette initiative fait partie d'une action coordonnée avec l'Agence internationale de l'énergie (AIE) et implique 32 pays, dont 12 pays européens.

L'objectif principal de cette opération est d'augmenter l'offre de carburant sur le marché mondial afin de réduire les tensions d'approvisionnement et de freiner l'augmentation des prix. Bruno Wattenbergh, un spécialiste en économie, souligne que cette mobilisation collective pourrait permettre de réajuster l'offre : « En ramenant de manière significative du carburant sur le marché, automatiquement, on va corriger l’offre, on va la réajuster en espérant que les prix d’équilibre se stabilisent et qu’on enraye cette augmentation. » Toutefois, il reste incertain si cette intervention produira des effets durables.

Malgré cette initiative, les automobilistes belges ne devraient pas constater de changements notables. En France, certaines stations-service ont pu proposer du diesel à des prix réduits, jusqu'à 20 centimes de moins, grâce à l'achat de carburant à prix bas auprès de l'État. En revanche, la situation en Belgique est différente. La législation en vigueur ne permet pas d'appliquer un mécanisme similaire, et le Bureau national du pétrole recommande de ne pas vendre ces réserves à un prix inférieur.

Mathieu Bihet, ministre fédéral de l’Énergie, a précisé que les autorités belges souhaitent avant tout préserver ce carburant pour le marché national : « Les experts que nous avons ici en Belgique recommandent de destiner nos stocks stratégiques au marché belge et pour cela, il faut les vendre à un prix du marché. » Il a également mentionné qu'une vente aux enchères pourrait permettre à des acheteurs étrangers de bénéficier de ces réserves, ce qui n'est pas l'objectif visé par le gouvernement : « Ce n’est vraiment pas l’objectif que nous avons, c’est de stabiliser le marché belge. »

Une autre question se pose : pourquoi puiser dans ces réserves alors qu'elles sont destinées à protéger le pays en cas de rupture d'approvisionnement majeure ? Selon Bruno Wattenbergh, ces réserves peuvent également servir d'instrument de régulation du marché. « On peut espérer que si, conjuguée à cette action commune, on a une stabilisation de la situation géopolitique, à ce moment-là, on pourrait avoir ces prix qui redescendent », a-t-il expliqué.

Il est important de noter que la sécurité d'approvisionnement de la Belgique n'est pas en danger. Les 260.000 barils libérés représentent environ une journée de consommation du pays, qui dispose encore de réserves suffisantes pour couvrir plus de 90 jours. L'objectif principal de cette opération reste donc de prévenir une nouvelle hausse des prix, dans l'espoir que la situation internationale s'améliore. Cependant, les automobilistes belges ne doivent pas s'attendre à une baisse immédiate du prix du diesel à la pompe.