Suppression de 1.217 emplois chez GSK: l'entreprise pharmaceutique a pourtant reçu 2,5 fois plus d'aides publiques qu'elle n'a payé d'impôts
L'entreprise pharmaceutique GSK a reçu un soutien financier public s'élevant à au moins 3,4 milliards d'euros entre 2019 et 2025, ce qui représente 2,5 fois le montant des 1,4 milliard d'euros d'impôts qu'elle a versés durant la même période. Cette information a été révélée mardi par l'Institut Athéna, un groupe d'experts en provenance, entre autres, des universités de la Fédération Wallonie-Bruxelles, dans un rapport portant sur les aides d'État attribuées à GSK, qui a récemment annoncé la suppression de 1.217 postes en Belgique.
Pour l'année 2025, les subventions perçues représentent environ un cinquième du bénéfice net de l'entreprise, précise l'Institut. "Cela signifie qu'en moyenne, sur six ans, chaque emploi chez GSK a été subventionné à hauteur de 62.000 euros par an, ce qui équivaut à 45% des coûts salariaux de la société", a déclaré un représentant de l'institut.
Durant la même période, GSK a enregistré un bénéfice net après impôts de 13,9 milliards d'euros. Cela implique que même sans les aides publiques, l'entreprise aurait continué à réaliser des bénéfices substantiels. Son taux de rentabilité moyen entre 2019 et 2025 s'élève à 10,5% sans tenir compte des subventions.
Selon l'analyse de l'Institut, la principale source de ce soutien public provient d'une déduction fiscale pour revenus d'innovation, qui représente près de 2,7 milliards d'euros. L'institut rappelle également que le Bureau fédéral du Plan remet en question l'efficacité économique de ce dispositif fiscal, que GSK a largement promu auprès des décideurs politiques.
Le rapport met en lumière le fait que le soutien à la filiale belge pour sa recherche et son développement est en moyenne plus de deux fois supérieur au budget annuel du Fonds de la recherche scientifique (FNRS).
Face à ces bénéfices exceptionnels et aux licenciements massifs annoncés, représentant près de 15% des effectifs en Belgique, l'Institut Athéna exhorte les autorités publiques à conditionner les subventions au maintien de l'emploi. De plus, il appelle à réduire les aides les moins efficaces, à mieux réguler les prix des médicaments et à réinvestir davantage dans la recherche publique.