La petite phrase de la députée PS Fadila Laanan sur les "pédophiles blancs" secoue le Parlement bruxellois
Le débat au sein du Parlement bruxellois a été récemment secoué par une déclaration controversée de la députée Fadila Laanan (PS) concernant les "pédophiles blancs". Cette remarque a émergé lors d'une discussion sur une résolution visant à s'opposer à une mesure fédérale permettant des visites domiciliaires par la police. Ce débat avait déjà été marqué par une autre prise de parole, celle de Sofia Bennani (Les Engagés), qui avait affirmé : "Nous, on ne soutient pas les terroristes", suscitant la réaction de Farida Tahar (Ecolo) qui s'est dite "profondément déçue et choquée" par ces insinuations.
La mesure en question permettrait aux forces de l'ordre d'entrer dans un domicile si une personne sous ordre de quitter le territoire (OQT) et représentant une "menace à l'ordre public" y réside. Proposée par Ecolo et soutenue par Team Fouad Ahidar (TFA), le PTB, le PS et Groen, cette résolution a été adoptée par la majorité des membres du Parlement.
Au cours du même débat, Aline Godfrin (MR) a soutenu la position défendue par son parti concernant les visites domiciliaires, précisant qu'il ne s'agissait pas de criminaliser l'immigration ou les personnes qui hébergent des immigrés, mais de protéger la sécurité de tous. Elle a fait référence à un incident rapporté par le bourgmestre ff de Schaerbeek, Martin De Brabant (MR), concernant un homme ayant eu un comportement inapproprié devant une jeune fille de 12 ans.
En réaction à cette situation, Fadila Laanan a déclaré, hors micro mais audible, que "la majorité des pédophiles sont blancs". Cette affirmation a été vivement critiquée par Aline Godfrin, qui a dénoncé le fait que le PS "crie au racisme dans tous les débats" tout en associant une couleur de peau à la pédophilie. Selon elle, cette déclaration est tout aussi problématique que de prétendre que seuls les étrangers sont responsables des problèmes de sécurité. Elle a souligné l'importance de débattre sérieusement des enjeux sans recourir à des généralisations simplistes.
Godfrin a également évoqué le fait que la question du racisme est souvent utilisée par la gauche pour éviter de discuter des véritables enjeux. Elle a insisté sur le fait que le racisme est un délit qui ne doit pas être banalisé et que des débats approfondis sont nécessaires sur cette problématique, tout comme sur d'autres sujets importants. Selon elle, cette attitude électoraliste nuit surtout aux personnes issues de l'immigration, qui deviennent alors victimes de stéréotypes.
Un signalement a été fait auprès d'Unia, l'institution chargée de lutter contre la discrimination, suite à ces déclarations. Au cours de ce débat, Fouad Ahidar (TFA) a demandé des éclaircissements à Aline Godfrin sur le lien qu'elle avait établi entre l'incident de l'homme se masturbant en public et la proposition de loi sur les visites domiciliaires. Martin De Brabant n'ayant pas précisé si l'individu en question était en séjour illégal, Aline Godfrin a justifié ses propos en affirmant qu'elle se basait sur des situations hypothétiques en lien avec des cas réels.
Dans son intervention, elle a évoqué plusieurs scénarios, soulignant que si une personne avait gravement troublé l'ordre public et avait déjà reçu des ordres de quitter le territoire, une visite domiciliaire pourrait être justifiée.
Contactée pour réagir, Fadila Laanan n'a pas répondu aux demandes de commentaires. En revanche, Jamal Ikazban, le chef de groupe du PS, a exprimé son mécontentement face à l'ambiance de la séance plénière, tout en condamnant les propos jugés "inadmissibles" de Sofia Bennani. Il a également rappelé que le groupe PS est fermement engagé à défendre ses valeurs sans tomber dans les conflits personnels.
Des études sur la pédophilie et son lien avec l'origine ethnique existent, mais aucune ne conclut à une prédisposition ethnique à ce comportement. Les données disponibles sont souvent biaisées par des facteurs tels que l'activité policière et les signalements, laissant de nombreux cas non comptabilisés, notamment dans des contextes intrafamiliaux. Cela souligne le problème du "chiffre noir" de la pédophilie, où de nombreux abus passent inaperçus.
En outre, des biais peuvent exister au sein de la police elle-même, et il n'existe pas de classification détaillée des ethnies qui permettrait de faire des comparaisons objectives. Ce contexte rend la discussion sur la pédophilie et son association à des groupes ethniques particulièrement délicate.