Liège : le bourgmestre et le chef de police rencontrent les élèves et directions, plus d’une centaine d’arrestations
Le maire de Liège, Willy Demeyer (PS), ainsi que le chef de la police, Jean-Marc Demelenne, ont tenu une réunion mercredi matin avec des représentants d'élèves et des directeurs d'écoles pour discuter des mobilisations étudiantes qui ont débuté le 1er octobre. Les élèves ont exprimé leurs revendications relatives à l'éducation et ont interpellé les autorités sur les interventions policières récentes.
Cette rencontre a eu lieu après l'appel lancé mardi soir par le maire et le chef de la police, exhortant les élèves à retourner en classe. Willy Demeyer a fait la distinction entre les revendications politiques et sa responsabilité en matière de sécurité et d'ordre public. Il a souligné l'importance de protéger les jeunes et d'encourager le dialogue, tout en condamnant les actes de vandalisme. « Je ne souhaite pas qu'il y ait un fossé entre la police et les jeunes », a-t-il déclaré, qualifiant de « légitime » le combat des étudiants pour une meilleure éducation.
Les étudiants ont notamment exprimé leur désir de créer un socle commun de revendications. Ils demandent un investissement d'urgence dans les établissements scolaires et les infrastructures publiques, des recrutements dans le secteur éducatif, une révision des programmes d'enseignement et une plus grande implication des élèves dans les décisions concernant leur éducation.
Cependant, plusieurs élèves ont mis en question l'efficacité des méthodes pacifiques de mobilisation, estimant que les actions entreprises au cours des dernières années n'avaient pas suffi à faire entendre leur voix. Certains ont aussi interrogé le rôle des dégradations dans l'attention médiatique portée au mouvement. En réponse, le maire a averti que les actes de vandalisme pourraient nuire à la crédibilité des revendications et détourner le débat public.
Les discussions ont également abordé l'utilisation de gaz lacrymogènes, les arrestations et les blessures. Plusieurs élèves ont contesté les déclarations du maire, qui affirmait qu'aucun jeune n'avait été blessé, en affirmant connaître des personnes ayant dû se rendre à l'hôpital. D'autres ont rapporté des insultes et dénoncé des interventions qu'ils jugent injustifiées.
Jean-Marc Demelenne a défendu la nécessité d'intervenir face aux dégradations et aux incendies. Il a précisé que la dispersion des groupes et l'absence d'interlocuteurs clairement identifiés compliquaient l'action de la police. Willy Demeyer a reconnu que des erreurs pouvaient survenir et a assuré qu'il souhaitait fournir des explications sur les interventions.
Interrogé sur la possibilité d'abandonner les poursuites contre les personnes arrêtées, le maire a indiqué qu'il ne pouvait pas influer sur les procédures judiciaires. Il a mentionné qu'un total de 107 arrestations avaient eu lieu depuis le début des événements, dont presque la moitié étaient judiciaires, en précisant que toutes les personnes arrêtées administrativement avaient été libérées.