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Monday, 12 October 2026
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Le "deal" controversé entre Trump et Poutine sur le diesel : quel impact sur les prix des carburants ?

À moins d'un mois des élections de mi-mandat, qui sont cruciales pour l'avenir de son administration à la Maison-Blanche, Donald Trump est déterminé à mobiliser les électeurs en faveur des Républicains. Sa dernière annonce, faite vendredi soir (heure belge), a surpris de nombreux observateurs : il a conclu un accord avec Vladimir Poutine pour permettre l'importation de diesel russe aux États-Unis en levant certaines sanctions imposées à Moscou depuis l'invasion de l'Ukraine en février 2022.

Trump a déclaré sur son réseau social Truth Social, après un échange téléphonique avec son homologue russe : "Les prix du diesel pour les Américains et, en réalité, pour le monde, VONT BAISSER RAPIDEMENT DANS DES PROPORTIONS RECORD ! Des prix plus bas pour les Américains et surtout nos formidables paysans, éleveurs et transporteurs routiers, c'est ma plus grande priorité."

Le Kremlin a confirmé cet accord, qui a été fortement critiqué par le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Selon les termes de l'accord, les États-Unis devraient recevoir "300 000 tonnes dès le mois d'octobre", "500 000 tonnes en novembre et 1 million de tonnes en décembre". À terme, ce volume pourrait atteindre 3 millions de tonnes par mois.

Cependant, la majorité des experts en énergie estiment que cet accord n'aura qu'un impact limité sur les prix des carburants, tant aux États-Unis qu'à l'international. Les volumes prévus sont jugés modestes par rapport à la demande mondiale en produits pétroliers. Par exemple, la livraison initiale de 300 000 tonnes, soit environ 2,25 millions de barils, ne couvre même pas une journée de consommation de diesel aux États-Unis, qui est estimée à 3,7 millions de barils par jour. Même la livraison maximale projetée de 4,8 millions de tonnes ne suffirait qu'à couvrir 10 jours de cette demande.

Eric Dor, directeur des études économiques à l'IESEG School of Management (Lille et Paris), a déclaré à La Libre : "Il y a une forte probabilité que l'approvisionnement mondial en diesel augmente très peu et que la pénurie persiste. Les prix internationaux du diesel vont donc peu baisser." Il a également noté que les récentes attaques de drones ukrainiens sur les raffineries russes avaient affecté la production, ce qui remet en question la capacité de la Russie à respecter ses engagements d'exportation vers les États-Unis, surtout à court terme. "C'est sans doute pour cela que Trump voudrait que l'Ukraine cesse d'endommager les installations de raffinage en Russie", a-t-il ajouté.

Un autre aspect préoccupant est la possibilité que la Russie redirige du carburant destiné à d'autres clients vers les États-Unis. Selon l'économiste belge, il est très probable que l'approvisionnement mondial en diesel n'augmente que marginalement et que la pénurie actuelle se poursuive. "Les prix internationaux du diesel vont donc peu baisser", a-t-il conclu.

En résumé, bien que l'accord entre Trump et Poutine puisse sembler prometteur pour faire baisser les prix du diesel, les experts mettent en garde contre des attentes excessives, soulignant que les volumes concernés sont insuffisants pour avoir un impact significatif sur le marché mondial des carburants. La situation pourrait également être compliquée par des facteurs géopolitiques et des dommages à l'infrastructure en Russie.