Les vapoteuses nuisent à la santé buccodentaire, prévient une étude - L’Écho de Maskinongé
MONTRÉAL — Une récente revue de la littérature scientifique, réalisée par un chercheur de l’Université Laval, met en lumière les effets néfastes du vapotage sur la santé buccodentaire. Selon cette étude, les divers produits chimiques émis par les cigarettes électroniques endommagent les tissus et les cellules de la cavité buccale.
Les substances issues du vapotage peuvent altérer les fonctions de défense des tissus buccaux, y compris la langue, les gencives et les glandes salivaires. Elles provoquent également des dommages aux structures dures comme les dents et l'os alvéolaire, tout en nuisant aux matériaux utilisés pour les restaurations dentaires. « Plusieurs études montrent clairement que l'exposition aux substances du vapotage modifie de manière significative les cellules normales de la bouche, et pas de manière bénéfique », a déclaré le professeur Mahmoud Rouabhia, biologiste-immunologiste cellulaire.
Le groupe de recherche de M. Rouabhia souligne que, d’après les études in vitro, in vivo et cliniques analysées, les aérosols des cigarettes électroniques interagissent avec divers éléments de la bouche (tissus mous, tissus durs, salive, micro-organismes, etc.), provoquant des déséquilibres susceptibles d’entraîner des maladies bucco-dentaires. Ils concluent donc que « les cigarettes électroniques ne sont pas sans danger pour la santé buccodentaire ».
Les chercheurs recommandent que les utilisateurs de cigarettes électroniques soient alertés des risques potentiels associés à leur usage. Ils suggèrent d’utiliser des doses de nicotine plus faibles, de réduire la consommation de cigarettes électroniques, d’éviter de fumer des cigarettes traditionnelles en même temps que de vapoter, et de surveiller tout changement dans leur santé buccodentaire, tel que sécheresse, saignements ou ulcérations, afin d’en informer leur dentiste. De plus, ils insistent sur l’importance de maintenir une bonne hygiène buccodentaire pendant le vapotage.
Le professeur Rouabhia rappelle que les nouvelles générations de vapoteuses peuvent atteindre des températures trois à quatre fois plus élevées que les modèles précédents, entraînant une « modification significative » des liquides chauffés, ce qui génère des produits toxiques. « Parmi ces substances, on retrouve le formaldéhyde, un composé utilisé pour la conservation de cellules et tissus en laboratoire, qui est désormais reconnu comme cancérigène », a-t-il ajouté.
Des expériences en laboratoire ont montré que l'exposition à ces produits chimiques perturbe les liaisons naturelles entre les cellules de la bouche, qui doivent rester unies pour se défendre efficacement contre les bactéries. En conséquence, « les bactéries pathogènes trouvent un chemin dégagé, entraînant une augmentation des infections buccales », a expliqué M. Rouabhia. Ce constat est corroboré par les cliniciens, qui notent que les lésions buccales observées chez leurs patients après le début du vapotage disparaissent lorsque ceux-ci arrêtent.
Malheureusement, ces dangers restent largement méconnus, tant du grand public que des professionnels de la santé, ce qui souligne la nécessité d'une sensibilisation accrue. « Comme pour tout autre sujet, il est nécessaire d'insister à plusieurs reprises pour faire passer le message », a conclu le chercheur. Les résultats de cette étude ont été publiés dans la revue médicale Dentistry Journal.