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Tuesday, 20 October 2026
Health

Médicaments anti-acides (oméprazole) : “La prescription n’est pas justifiée dans 40 à 60 % des cas” alerte le Dr Kierzek

En France, près de 16 millions de personnes reçoivent chaque année des prescriptions d'inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) comme l'oméprazole pour soulager des brûlures d'estomac. Cependant, de nombreux médecins soulignent une tendance préoccupante : la prolongation de ces traitements sur plusieurs mois, voire des années, sans évaluation de leur nécessité. Cette banalisation expose les patients à des conséquences physiologiques et métaboliques potentiellement graves.

Le Dr Martin Scurr, médecin généraliste britannique, a récemment exprimé ses inquiétudes dans un article du Daily Mail. Il dénonce l'utilisation excessive et souvent continue de l'oméprazole, citant le cas d'un patient anglais qui a été traité pendant près de trente ans et qui éprouve des douleurs insupportables à chaque tentative d'interruption de son traitement. En bloquant la sécrétion d'acide chlorhydrique, ce médicament perturbe la protection naturelle de l'estomac, rendant le système digestif vulnérable aux infections. Une méta-analyse publiée dans le Journal of Gastroenterology a révélé que cette réduction de l'acidité favorise la prolifération bactérienne dans l'intestin grêle, entraînant des symptômes tels que ballonnements, douleurs abdominales et troubles de la digestion.

Les effets du traitement prolongé par l'oméprazole ne se limitent pas aux troubles digestifs. Une étude parue dans la revue JAMA a démontré que l'utilisation prolongée de ces médicaments est associée à des carences en vitamine B12, en fer et en magnésium, ce qui peut conduire à une anémie chronique et à une fatigue importante. De plus, la diminution de l'absorption du calcium augmente le risque d'ostéoporose et de fractures, particulièrement chez les personnes âgées, comme l'indique la Haute Autorité de Santé. Par ailleurs, l'absence de symptômes de brûlures peut masquer des affections graves, telles que des ulcères gastriques ou des tumeurs digestives.

Le Dr Gérald Kierzek, médecin urgentiste, a également tiré la sonnette d'alarme concernant cette surconsommation en France. Sur le plateau de France 2, il a déclaré que “40 à 60 % des prescriptions d'IPP ne sont pas justifiées”, soulignant que ces traitements sont souvent renouvelés par automatisme. Il met en garde contre l'arrêt brutal de ces médicaments, qui peut entraîner un phénomène de rebond, rendant le reflux gastrique plus intense.

Les autorités sanitaires rappellent que la durée de traitement recommandée pour l'oméprazole est de 4 à 8 semaines pour un reflux gastro-œsophagien non compliqué et ne doit jamais dépasser 14 jours en automédication. Pour arrêter le traitement, il est conseillé de consulter son médecin afin d'adopter un sevrage progressif, en espaçant les prises ou en réduisant les doses. En alternative, les pansements gastriques à base d'alginates peuvent être utilisés, car ils forment une barrière protectrice dans l'estomac. De plus, quelques changements de mode de vie peuvent aider à gérer les symptômes, comme fractionner les repas, surélever la tête du lit, éviter les repas tardifs et contrôler le poids abdominal.