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Tuesday, 20 October 2026

Theo Francken veut une « gendarmerie 2.0 », 25 ans après la disparition de la première… à cause de l’affaire Dutroux

Ce dimanche soir, le ministre de la Défense, Theo Francken, a suscité une vive réaction en annonçant sur RTL tvi son projet de création d'une « gendarmerie 2.0 ». Ce projet, en collaboration avec le ministre de l'Intérieur, vise à établir une nouvelle unité de police composée de policiers formés par des militaires, qui interviendrait lors d'émeutes, un phénomène qui a récemment marqué la Belgique.

Il est important de rappeler que la première gendarmerie a été dissoute il y a 25 ans, au profit des forces de police locales et fédérales. Dominique Demoulin, référente judiciaire, a été invitée sur le plateau de RTL info 19h pour expliquer les raisons de cette transformation. Elle a souligné que tout cela trouve ses racines dans l'affaire Dutroux, qui a révélé des tensions entre différents services de police. « L’affaire Dutroux a dramatiquement mis en lumière les rivalités entre les services de police : d'une part, la police judiciaire avec ses enquêteurs, et d'autre part, la gendarmerie, qui possédait des informations cruciales sur Dutroux mais ne les a pas transmises, car elle souhaitait agir de manière autonome », a-t-elle déclaré.

Cette « guerre des polices » a eu des conséquences désastreuses, compromettant les chances de retrouver les jeunes Julie et Mélissa. « C’en était trop, il fallait une hiérarchie unique, une meilleure diffusion de l’information. C’est ce qui explique cette réorganisation des services de police », a ajouté Demoulin.

La gendarmerie 2.0, telle que proposée par les ministres, devrait cependant différer de son prédécesseur. Selon les informations fournies, cette nouvelle entité se concentrerait uniquement sur le maintien de l'ordre. Contrairement à l’ancienne gendarmerie, qui avait également un rôle d’enquête, cette nouvelle structure ne comprendra pas de section dédiée à l'investigation. « Auparavant, la gendarmerie avait un pôle d’enquête qui recueillait des informations et ses agents circulaient en civil, ce qui créait une concurrence directe avec la police judiciaire. Aujourd’hui, il ne serait pas question de reconstituer un pôle d’enquête au sein de cette nouvelle gendarmerie », a précisé la journaliste.

Cette initiative vise à répondre aux récentes violences urbaines qui ont secoué le pays, et à garantir une réponse rapide et efficace lors de telles situations. Le ministre Francken insiste sur l'importance d'une force de police bien formée et réactive, capable de gérer les troubles civils tout en évitant les erreurs du passé. Les discussions autour de cette proposition sont attendues avec intérêt, tant sur le plan politique que social, alors que la Belgique continue de naviguer dans un contexte de tensions et de défis en matière de sécurité.

Les prochaines étapes pour la mise en place de cette gendarmerie 2.0 restent à définir, mais le gouvernement semble déterminé à avancer dans cette direction, espérant ainsi renforcer la sécurité publique et améliorer la coordination entre les différentes forces de l'ordre. Les réactions des syndicats de police et des experts en sécurité seront également scrutées de près, alors que le débat sur la meilleure façon d'assurer la sécurité des citoyens se poursuit.