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Monday, 02 November 2026
Health

« Détourner l’AVC » : victimes et spécialistes unissent leurs voix

Le samedi 31 octobre 2026, la Maison des médias Thomas Megnanssan Gbèdjromédé à Cotonou a servi de cadre à un échange entre personnes ayant subi un AVC, professionnels de la santé et journalistes. Cet événement, intitulé « Dialogue Cerveau & Voix », a été organisé par l'association AVerCion Aversion dans le cadre de la Semaine de sensibilisation, lancée le 25 octobre. Le thème de cette rencontre était « Victimes, soignants et médias : une même conversation ».

L'AVC ne se limite pas à un contexte hospitalier ; il engendre des bouleversements dans la vie des personnes touchées et de leurs familles, souvent accompagné d'un long processus de réhabilitation. Néanmoins, les signes avant-coureurs, les facteurs de risque et les gestes appropriés restent largement méconnus.

Pour ouvrir le dialogue, Hervé Prudence Hessou, président d'AVerCion Aversion et de l'Union des professionnels des médias du Bénin (UPMB), a relaté son expérience personnelle survenue le 29 juillet 2025. Alors qu'il se trouvait avec des collègues près du marché de Ménontin, il a ressenti un malaise l'empêchant de se rendre aux toilettes. Après avoir réussi à appeler un voisin médecin, il a été rapidement hospitalisé à Ménontin. Son récit a illustré l'importance d'une réaction rapide en cas de symptômes d'AVC.

Le dialogue a été modéré par Zakiath Latoundji, journaliste spécialisée dans les questions de santé et ancienne présidente de l'UPMB. Cinq professionnels de la santé ont partagé leurs expertises. Le Dr Richard Houeze, neurologue et commissaire divisionnaire de la Police républicaine, a expliqué ce qu'est un AVC, comment en identifier les signes, et l'importance d'une intervention rapide. Selon lui, dès l'apparition d'un signe, il est crucial de contacter des professionnels de santé sans délai.

Dr Nkié Sylvia épouse Goudou, cardiologue au CHIC, a abordé l'hypertension artérielle et les facteurs de risque associés à l'AVC. Elle a également souligné l'importance d'une alimentation saine pour améliorer la circulation sanguine et contrôler la tension artérielle. De son côté, le Dr Alexandre D. Faton, médecin en médecine physique et de réhabilitation (MPR) et colonel dans les Forces armées béninoises, a comparé les neurones affectés par un AVC à des habitants d'un quartier privé d'eau. Il a expliqué que les neurones endommagés perturbent les habitudes motrices, et que son rôle est de faciliter le retour de la motricité.

Edith Ochoumare Choukpa, orthophoniste et trésorière de l'Association béninoise des professionnels de l'orthophonie (ABEPO), a décrit les divers troubles de la communication pouvant survenir après un AVC, ainsi que son rôle dans la rééducation de ces patients. Antoine Dovonon, kinésithérapeute et vice-président de l'Association béninoise des kinésithérapeutes rééducateurs (ABEKIR), a abordé la question de la réhabilitation, mettant en garde contre la tendance à consulter des guérisseurs avant de se rendre à l'hôpital, ce qui retarde la récupération.

Les discussions ont également porté sur les facteurs de risque, les méthodes de prévention et les étapes de la prise en charge des victimes d'AVC. Parmi les facteurs de risque identifiés, on trouve l'hypertension artérielle, le diabète, le tabagisme, l'alcoolisme et la sédentarité. Le public a eu l'opportunité de poser des questions et d'interagir avec les intervenants.

L'ampleur du problème justifie une telle initiative. D'après l'Organisation mondiale de la santé (OMS), environ 15 millions de personnes sont touchées par un AVC chaque année dans le monde, dont près de 6 millions en décèdent. Une étude réalisée à Cotonou sur plus de 15 000 habitants a révélé une prévalence de 4,6 pour 1 000, soulignant ainsi la nécessité d'accroître la sensibilisation à cette maladie.

Hervé Prudence Hessou a expliqué les raisons de la création de l'association AVerCion Aversion, affirmant qu'il est essentiel d'informer le public sur l'AVC. « Nous pensons connaître cette maladie, mais il y a encore beaucoup à apprendre. Chacun doit être conscient des gestes à adopter en cas d'urgence », a-t-il déclaré. Pour lui, rester silencieux n'est pas une option, et il s'engage à promouvoir cette cause avec le soutien des médias et des professionnels de santé.

À l'issue de cette rencontre, un message fort a été retenu : il est possible de prévenir les AVC, de mieux les reconnaître et d'accompagner efficacement les personnes touchées, à condition que victimes, soignants et médias continuent de s'exprimer ensemble.